Découverte d’un ADN vieux de 8 000 ans

Un groupe de chercheurs internationaux ont fait la découverte d’un ADN vieux de 8 000 ans. Les recherches scientifiques sur cet ADN extrêmement bien conservé ont révélé des informations inédites sur l’origine de l’humanité. Elles pourraient en effet combler des lacunes dans l’arbre généalogique de l’homo sapiens.

Découverte d’un ADN vieux de 8 000 ans - Le blog du hérisson
©Pierre de Maret

Un site archéologique unique exceptionnellement bien conservé

Shum Laka au Cameroun est le plus ancien site archéologique connu aujourd’hui. Découvert il y a 30 ans par des archéologues camerounais et belges, il avait révélé que cette région était le berceau des langues bantu. Ce groupe de langues est parlé aujourd’hui dans plus d’un tiers de l’Afrique.

L’étude publiée le 22 janvier 2020 dans la revue scientifique Nature révèle que les individus récemment trouvés dans le tombeau funéraire font partie de 18 familles différentes. Les scientifiques ont pu prélever les os sur six d’entre eux. La préservation moléculaire de ces ossements est exceptionnelle grâce à la composition unique du sol dans lequel ils ont été découvert. Le prélèvement de quatre squelettes, deux enfants enterrés il y a 8 000 ans et deux autres il y a 3 000 ans, a permis aux chercheurs de séquencer pour la première fois des génomes complets d’un ancien ADN africain.

La découverte d’une lignée inconnue jusqu’alors

Les recherches ADN ont révélé une diversité génétique inconnue jusqu’à aujourd’hui et antérieure à l’âge de Fer. Les scientifiques ont découvert la présence de l’halgogroupe A00, chromosome Y profondément divergent, sur l’un des individus. Ce chromosome n’est retrouvé presque exclusivement que dans cette même région de nos jours.

Les recherches sur ces quatre individus révèlent que deux tiers de leurs ancêtres faisaient partie d’une lignée inconnue jusqu’alors. Cette nouvelle branche n’a en effet aucune apparentée étroite avec les populations actuelles d’Afrique de l’ouest. Seulement un tiers de leurs ancêtres viennent d’une lignée liée aux populations actuelles d’Afrique centrale.

L’analyse de cet ancien ADN laisse à penser que les lignées qui sont à l’origine des populations de chasseurs-cueilleurs d’Afrique du sud et centrale ainsi que de tous les autres hommes modernes auraient donc divergé il y a 250 000 – 200 000 ans.

Ces résultats renforcent les arguments des archéologues et généticiens suggérant que les origines de l’humanité en Afrique auraient impliqué des populations profondément divergentes et géographiquement séparées.

Marion Balaÿ

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