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Burn-out : comment le reconnaître et agir ?

On entend de plus en plus parler de burn-out ces dernières années, mais sait-on vraiment comment le reconnaître et agir avant l’épuisement ? Souvent associé au travail, il peut pourtant toucher plusieurs aspects de la vie quotidienne.

Burn-out : comment le reconnaître et agir ? - Le blog du hérisson

Le burn-out qu’est ce que c’est ?

► Définition

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la définition officielle du burn-out est

un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès. 

En clair, c’est un état où une personne est complètement épuisée, physiquement, mentalement et émotionnellement, après avoir été exposée longtemps à trop de pression, trop de charge ou trop de stress.

On continue, on s’adapte, on tient… mais à l’intérieur, on s’épuise petit à petit.

Dans sa définition officielle, il est lié à la sphère professionnelle et ce n’est pas une maladie en soi.

Mais dans la réalité, on voit aujourd’hui que ce type d’épuisement, peut aussi dépasser largement le milieu du travail. C’est ce que nous allons voir un peu plus bas.

► Burn-out : un processus lent et silencieux

Ce qu’il faut comprendre c’est que ça ne se résume pas à une simple fatigue.

Le plus compliqué, c’est qu’il arrive rarement de manière brutale. Il s’installe doucement, silencieusement, sans qu’on s’en rende compte.
Parfois sur plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.

Au début, on se dit souvent :

  • « je suis juste fatigué »
  • « ça va passer »
  • « c’est une période compliquée »

Et on continue, malgré tout.

C’est justement ça le problème : cette banalisation retarde souvent la prise de conscience alors que notre corps nous envoie des signaux d’alerte.

Petit à petit, on fonctionne en mode automatique. Et même le repos ne suffit plus à récupérer.

► Burn-out, fatigue ou dépression : ne pas confondre

Le burn-out est souvent pris pour de la fatigue ou une dépression, alors que ce n’est pas exactement la même chose. Même si les différences sont parfois subtiles et que ces états peuvent se ressembler ou coexister, il ne faut pas les confondre car ils n’ont pas les mêmes mécanismes.

La fatigue classique est généralement temporaire. Elle apparaît après ou pendant une période chargée ou un effort important et disparaît avec du repos et une récupération adaptée.

Le burn-out, lui, s’installe dans la durée. Le repos ne suffit plus toujours à retrouver un état normal, car l’épuisement est lié à une accumulation prolongée de stress et de surcharge mentale.

La dépression, quant à elle, est un trouble de l’humeur plus global, qui peut toucher tous les aspects de la vie, pas seulement le travail.
Elle s’accompagne souvent d’une tristesse profonde et d’une perte d’envie générale.

A noter qu’aujourd’hui, plusieurs études expliquent qu’un burn-out qui dure trop longtemps peut parfois évoluer vers une dépression.

Reconnaître le burn-out : signes et symptômes

Vous est-il déjà arrivé de ne plus vraiment vous reconnaître ? D’être fatigué dès le réveil. D’avoir l’impression de fonctionner en pilote automatique ou de vous sentir à bout pour des choses qui avant, vous semblaient simples à gérer.

Le burn-out peut toucher le corps, le mental, les émotions… et même la façon dont on vit son quotidien.

Pour savoir si vous êtes peut être concernés, voici les principaux signes et symptômes à repérer :

  • Une fatigue qui ne passe plus : Le premier signal, c’est souvent un épuisement profond. On dort… mais on se réveille fatigué. On se repose… mais on ne récupère jamais vraiment. Même les tâches simples peuvent devenir lourdes à gérer. On a du mal à tenir toute la journée.
  • Le cerveau tourne au ralenti : Petit à petit, on a plus de mal à réfléchir comme avant. On a du mal à prendre des décisions. On oublie des choses. On perd le fil plus facilement.  Se concentrer devient compliqué et on est plus lent que d’habitude. Certaines personnes parlent même d’un véritable « brouillard mental ». En clair, le cerveau sature.
  • Tout devient plus difficile émotionnellement : On peut devenir plus irritable, plus sensible, plus anxieux ou au contraire se sentir complètement vidé émotionnellement. Parfois, des angoisses peuvent monter très vite, parfois même rien qu’à l’idée de penser au travail, aux obligations du quotidien ou à ce qu’il reste à faire. Chez certaines personnes, cela peut aller jusqu’à des crises d’angoisse ou des épisodes de pleurs plus fréquents, sans toujours réussir à les contrôler. On perd l’envie, l’énergie, la motivation. C’est souvent associé aussi à de la tristesse, un découragement et un sentiment d’impuissance. Ce qui nous faisait du bien avant ne procure plus vraiment le même effet.
  • Le corps finit aussi par parler : Le burn-out ne touche pas seulement le mental. Le corps envoie souvent lui aussi des signaux d’alerte comme les troubles du sommeil et les réveils nocturnes, les tensions musculaires, les maux de tête, les douleurs, les palpitations ou la sensation de stress permanent.
  • Un désengagement progressif : Avec le temps, certaines personnes commencent à se détacher petit à petit de leur quotidien. Au travail, elles peuvent perdre l’envie de s’investir comme avant. Ce qui avait du sens devient parfois pesant ou vide d’intérêt. Elles deviennent plus impatientes avec leurs collègues, leurs proches ou leurs enfants. D’autres préfèrent s’isoler, éviter les échanges ou limiter les interactions parce qu’elles n’ont plus l’énergie mentale pour ça. On peut aussi avoir l’impression d’être « présent sans être vraiment là ». Comme si on avançait mécaniquement, sans réussir à se sentir pleinement impliqué dans ce qu’on fait. Et souvent, cela s’accompagne d’un sentiment difficile à expliquer comme celui de ne plus être tout à fait soi-même.

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Burn-out : causes et différentes formes d’épuisement

Il apparaît lorsqu’un déséquilibre s’installe entre ce que l’on demande au quotidien (travail, famille, charge mentale) et les ressources dont on dispose pour y faire face (repos, soutien, récupération).

Les causes sont souvent les mêmes :

  • surcharge mentale ou physique
  • stress qui dure dans le temps
  • pression constante
  • manque de récupération
  • perfectionnisme ou hyper-responsabilité
  • difficulté à « tout gérer » en permanence

Au départ, beaucoup de personnes pensent pouvoir tenir encore un peu. Mais lorsque cette surcharge dure trop longtemps, l’épuisement finit par s’installer.

Même si le burn-out est encore officiellement associé au travail, on voit aujourd’hui que ce type d’épuisement peut toucher plusieurs aspects de la vie.

  • Le burn-out professionnel : C’est la forme la plus connue. Elle apparaît souvent quand le travail devient une source de stress permanente comme la surcharge de travail, la pression des résultats, le manque de reconnaissance, la perte de sens ou la difficulté à décrocher mentalement.
    Certaines personnes ont aussi le sentiment de devoir toujours faire plus, sans jamais réussir à atteindre leurs objectifs.
  • Le burn-out parental : lui, touche comme son nom l’indique, les parents. S’occuper et éduquer les enfants, gérer la maison, penser à tout, anticiper en permanence… Cette charge mentale peut devenir très lourde lorsqu’elle dure dans le temps, sans relais ni soutien. Dans ce contexte, beaucoup de parents finissent par vivre dans une tension constante, avec l’impression de ne jamais pouvoir souffler, tout en continuant à tenir pour leur famille. Cela peut aussi s’accompagner d’un sentiment de culpabilité de ne pas profiter pleinement de sa famille, jusqu’à s’oublier peu à peu.
  • Le burn-out émotionnel : Cette forme d’épuisement touche souvent les personnes qui donnent énormément aux autres sur le plan émotionnel. C’est fréquent chez les aidants (ceux qui s’occupent d’un proche malade, âgé ou handicapé), les professionnels du soin ou les personnes très empathiques.

À force d’écouter, soutenir, porter ou absorber les émotions des autres, certaines personnes finissent par se sentir envahies ou au contraire vidées. Elles sont moins disponibles intérieurement, avec la sensation de ne plus réussir à prendre de recul ou à se protéger émotionnellement.

Burn-out : Comment agir et prévenir ? 

Selon Santé publique France, l’épuisement professionnel a doublé entre 2007 et 2019 (sans compter l’impact de l’après COVID).

Mais alors comment faire pour s’en sortir ou comment éviter d’en arriver là ?

L’objectif vous l’aurez bien compris n’est pas d’en faire plus, mais au contraire d’en faire moins et surtout de remettre dans l’ordre les priorités.

Il n’y a pas de solution unique. Mais il y a une chose essentielle à comprendre, c’est qu’il faut remettre de l’air dans le quotidien, petit à petit, sans chercher à tout changer d’un coup :

  • Réduire la charge mentale : la première étape, c’est souvent de « sortir la tête de l’eau ». Cela passe par des choses simples, mais puissantes comme écrire ses tâches au lieu de tout garder en tête, faire une liste courte de 2 à 3 priorités par jour maximum, accepter de ne pas tout gérer en même temps ou enlever ce qui n’est pas essentiel.
    Le but n’est pas de faire plus. C’est de penser moins.
  • Créer de vraies pauses dans le quotidien : quand le mental est saturé, le repos doit être réel pour être efficace. Quelques ajustements peuvent déjà aider comme faire de vraies pauses sans écran, planifier sa journée à l’avance pour éviter la surcharge mentale, regrouper les tâches pour limiter la dispersion, apprendre à dire non, même aux petites sollicitations ou prendre des vacances ou jours de repos en déconnectant totalement.
    Chaque « non » libère un peu d’espace mental.
  • Aider le corps à relâcher la pression : le corps joue un rôle énorme dans l’épuisement. Certaines activités simples peuvent aider à relâcher la pression: marche en extérieur, yoga ou étirements doux, natation, exercices de respiration, relaxation ou sophrologie, toute activité qui permet de sortir du mental.
    Ici, l’objectif n’est pas la performance, mais l’apaisement.
  • Revenir à des bases simples, sommeil et récupération : quand le sommeil est perturbé, tout devient plus difficile. Quelques repères essentiels comme les horaires de coucher plus réguliers, une vraie coupure en fin de journée, réduire les écrans le soir, se laisser du temps pour redescendre mentalement.
    Le repos n’est pas un luxe, c’est une base.
  • Ne pas porter seul la charge : le burn-out s’installe souvent dans la surcharge et l’isolement. Alléger ne veut pas dire « tenir seul » mais partager si possible certaines tâches du quotidien, demander de l’aide sans culpabiliser, se faire accompagner par des professionnels (médecin, psychologue), accepter de ne pas tout gérer.
    Se faire aider, ce n’est pas être faible ou craquer, c’est reconnaître qu’on n’a pas à tout porter seul. C’est une manière de prendre soin de soi, comme on le ferait pour quelqu’un qu’on aime.

En bref, ce n’est pas une simple fatigue passagère. C’est un processus qui s’installe souvent lentement, jusqu’à impacter le corps, les émotions et le quotidien.
Tout le monde peut être concerné et dans plusieurs domaines de sa vie.

Vous savez maintenant tout sur le burn-out : comment le reconnaître et agir.
L’identifier tôt permet de mettre des mots sur ce que l’on traverse, mais aussi d’éviter que l’épuisement ne devienne trop lourd à porter.
Il n’existe pas de solution unique, mais des ajustements progressifs peuvent déjà faire une différence.
Parce que derrière ce mot souvent utilisé, il y a avant tout des personnes qui essayent de tenir, parfois bien au-delà de leurs limites…

Damaris Delage

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