Microplastiques : 5 choses à savoir

Vous l’entendez de plus en plus dans les médias : le plastique n’est pas du tout fantastique pour l’être humain et la planète. Savez-vous que des scientifiques néerlandais viennent, pour la première fois, de trouver des microplastiques dans du sang humain ? Voici 5 choses à savoir d’urgence sur les microplastiques.

Microplastiques : 5 choses à savoir - Le blog du hérisson
Selon l’ADEME, seulement 21,3 % du plastique serait actuellement recyclé en France

1. Les microplastiques ne se biodégradent pas

Les microplastiques, qu’est-ce que c’est ? Selon l’ANSES (Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire), les microplastiques sont des particules de plastique dont la taille est comprise entre 5 millimètres et quelques centaines de nanomètres, soit une épaisseur 70 fois inférieure à celle d’un cheveu. Invisibles à l’œil nu, ils sont issus de la fragmentation et la dégradation des déchets plastiques ou de l’usure des objets fabriqués en plastique. Sous l’effet de l’érosion et des intempéries, le plastique se brise tout simplement en de nombreux petits morceaux, des résidus qui finissent avec le temps par devenir très petits.

Or, le plastique se dégrade très difficilement dans le temps. Par exemple, si elle n’est pas recyclée, une bouteille en plastique mettra en moyenne 500 ans à se décomposer. Mais même après ce laps de temps, il restera pour toujours une trace du plastique sur terre : les microplastiques issus de cet objet banal du quotidien ne se biodégraderont jamais.

Aussi, les bouteilles en plastique ne sont pas recyclables à l’infini. Dans une économie circulaire, recycler les bouteilles en plastique n’est donc pas une solution à long terme, La pollution de notre environnement liée au plastique est en partie irréversible.

2. Ces particules sont susceptibles d’être un danger pour la santé

Une étude tout juste publiée dans Environment International prouve la présence sur un échantillon réduit de microplastiques dans le sang humain. On devine intuitivement qu’ingérer du plastique ne peut qu’être nocif pour la santé humaine. Mais qu’en disent les scientifiques ?

On ignore encore exactement la toxicité des microplastiques sur l’homme. Les conséquences de l’exposition à ces composés sont encore méconnues des scientifiques, mais selon les cahiers de la recherche de l’ANSES publiés en mai 2021 (Microplastiques et nanomatériaux – Comprendre où en est la recherche) :

Ils pourraient exercer, par exemple, une toxicité vis-à-vis des tissus/cellules/organes humains en initiant un stress oxydatif, une inflammation chronique et/ou un dysfonctionnement (une perturbation) du système immunitaire. (…) L’exposition de l’Homme aux micro- et nanoplastiques concerne, en premier lieu, les barrières naturelles du corps ou barrières biologiques comme les barrières intestinales et pulmonaires.

Mis en place par l’ANSES, le projet de recherche TRANSPLAST donnera à l’avenir des éléments de réponse. Ce dernier a pour objet d’étudier « les effets des microplastiques et nanoplastiques sur l’activité des transporteurs membranaires de xénobiotiques ».

Pourtant, des chercheurs de la Sorbonne affirmaient en novembre 2020 dans un article publié dans The Conversation que les microplastiques perturberaient le développement du cerveau humain, en libérant de petites quantités de molécules toxiques, à l’image du bisphénol, un perturbateur endocrinien. Une raison de plus d’essayer de s’exposer le moins possible au plastique et de produire le moins de déchets plastiques possibles au quotidien.

3. Ils infestent les océans, la terre, les habitations et l’air

Les microplastiques sont aussi dangereux pour l’environnement : une grande majorité de ces derniers se retrouvent aujourd’hui dans les océans et les rivières. Rien qu’avec les sacs plastiques qui se retrouvent dans l’eau, la pollution marine est évidente. La Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), soit l’organisme gouvernemental australien pour la recherche scientifique, affirmait ainsi en 2015 qu’entre quatre à huit millions de tonnes de plastiques se retrouvent, chaque année, déversées dans la mer. Ses chercheurs estimaient en octobre 2020 que la situation était plus critique que supposée jusqu’alors : de l’Arctique à l’Océan Pacifique, les fonds marins de la planète seraient tapissés de 8 à 14 millions de tonnes de microplastiques !

Même si les conséquences pour l’être humain ne sont pas encore tirées au clair, il est d’ores et déjà prouvé que les microplastiques sont néfastes pour la santé des poissons. Des scientifiques du laboratoire EPOC (Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux) ont publié en août 2021 dans la revue Journal of Hazardous Materials leur étude de la toxicité chronique des microplastiques sur les fonctions biologiques essentielles des poissons. Les résultats prouvent des défauts de reproduction et de croissance dans le cas d’une exposition de longue durée à ces particules.

Si vous pensiez être protégé des microplastiques en faisant par exemple la chasse aux bouteilles en plastique ou en bannissant les emballages plastiques de votre quotidien en les remplaçant par des contenants en verre, il n’en est rien ! Les microplastiques sont partout : au-delà des océans, ils se retrouvent dans la terre, les habitations (attention aux textiles et meubles confectionnés en plastique), mais aussi tout simplement dans l’air que nous respirons. S’il ne vous viendrait pas à l’idée d’ingérer la touillette en plastique à usage unique avec votre café au bureau, sachez que pour toutes les raisons invoquées vous avez déjà ingurgité des microplastiques sans même vous en apercevoir.

4. Ils se retrouvent dans l’eau potable et dans la nourriture

L’être humain est aussi largement exposé aux microplastiques via l’eau et l’alimentation.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirmait cependant en décembre 2019 que les niveaux actuels de microplastiques dans l’eau potable (du robinet ou en bouteille) ne constituaient pas un danger pour notre santé. Mais les scientifiques ont noté un an plus tard qu’après un séjour dans l’eau, les microplastiques pénétraient plus facilement l’organisme. Dans l’état actuel des connaissances, même si l’on ne peut pas affirmer que les microplastiques présents dans l’eau potable sont dangereux pour notre santé, les inquiétudes persistent.

Autre point : selon les principes de la chaîne alimentaire, les microparticules forcément ingérées par les animaux finissent souvent leurs parcours dans notre assiette et donc dans notre corps. L’homme pourrait ainsi ingérer jusqu’à cinq grammes de plastique chaque semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit selon un rapport de WWF publié en juin 2019 !

5. Les microplastiques sont présents dans la cosmétique et les produits d’hygiène

Et ce n’est pas fini ! Les microplastiques sont également majoritairement présents dans les cosmétiques et les produits d’hygiène, soit au plus près de notre peau. C’est de ce constat qu’est né le concept de la “Slow Cosmétique sans plastique. En écho à la « Slow Food », la “Slow Cosmétiquea été inventée par Julien Kaibeck, un passionné de cosmétiques naturels enseignant l’aromathérapie en Belgique et en France. Aussi bonne pour le corps que pour l’environnement, la “Slow Cosmétique” prône l’écologie appliquée à ses produits et modes de production.

Avec toutes ces informations, il est difficile de rester indifférent face à l’omniprésence actuelle des microplastiques au sein de notre environnement !  Il est urgent de lutter contre le plastique pour sauvegarder la biodiversité, la vie humaine et notre planète. Avec cet article, nous espérons vous avoir éclairé sur les effets néfastes des microplastiques et inspiré dans votre démarche écologique. Lutter contre la pollution plastique passe entre autres par une prise de conscience environnementale et une démarche zéro déchet à la maison.

Aurélie Brunet

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