Pollution lumineuse nocturne et environnement

Encore peu étudié, l’impact de la pollution lumineuse nocturne sur l’environnement reste mal connu. Cependant, les travaux déjà réalisés nous alertent sur de potentielles nuisances, touchant les animaux et les végétaux. Voyons ce qui se passe pour les oiseaux, les chauves-souris et les arbres.

Pollution lumineuse nocturne et environnement - Le blog du hérisson
Dubaï la nuit ©Nextvoyage

La vie de couple des oiseaux perturbée

Des scientifiques allemands de l’Institut Max Planck pour l’ornithologie ont révélé un effet négatif de la lumière nocturne sur la reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux.

Cinq variétés, dont la mésange bleue, ont donc été étudiées durant plusieurs années. Il s’avère que les mâles de cette espèce modifient leurs horaires de chant quand ils vivent dans le voisinage de l’éclairage public.

Ce fait pourrait paraître anodin mais il engendre des perturbations de comportement au niveau de l’accouplement.

En effet, trompés par les lumières, les mâles ont tendance à vocaliser plus tôt que d’habitude le matin. Ceux résidant dans des zones plus sombres se voient donc délaissés par les femelles.

D’après les conclusions de ces recherches, les modifications comportementales observées s’avèrent néfastes à long terme pour les espèces. De plus, les mâles risquent d’être fragilisés par un manque de sommeil, les rendant plus vulnérables face aux attaques de leurs prédateurs.

Un des auteurs de l’étude évoque aussi les dommages causés par l’éclairage des villes sur les oiseaux migrants la nuit.

Cependant, ce problème semble commencer à être pris en considération en Allemagne et aux Pays-Bas. Des recherches ont d’ailleurs eu lieu dans ces pays afin de tester des éclairages respectant mieux le milieu naturel.

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Mésange Bleue ©Hans Benn

Des chauves-souris menacées par l’éclairage public

Parmi les nombreuses variétés de chauves-souris, une espèce paraît beaucoup plus fragile, en raison de la lenteur de son vol. Elle répond au joli nom de rhinolophus hipposideros, mais on peut aussi l’appeler petit rhinolophe ou petit fer à cheval, elle ne sera pas vexée.

Une étude britannique, parue dans Cell Press, nous apprend que l’éclairage urbain l’incommode fortement. En effet, le petit rhinolophe doit changer son parcours pour l’éviter.

Les chauves-souris se sont adaptées au vol de nuit en développant un système d’écholocation très performant. Mais, tant que la lumière du jour subsiste, il leur est très difficile de déceler la présence d’un prédateur.

Les conséquences de ce changement de trajet influent sur la survie du petit rhinolophe. Si les nouveaux territoires n’offrent pas assez de nourriture et d’abris efficaces, les individus risquent de s’affaiblir et devenir ainsi des proies potentielles.

Chauves-souris tropicales - Le blog du hérisson
Chauves-souris tropicales ©Simon Berstecher

Un début de printemps trop précoce

Une autre étude britannique suggère que l’éclairage nocturne en ville favorise l’éclosion précoce des bourgeons. Selon ses auteurs, tout un cycle de vie s’est organisé autour des arbres.

Or, de nombreuses espèces d’insectes vivent en symbiose avec eux. En perturbant leur cycle de vie, la lumière nocturne pourrait ainsi nuire à la chaîne alimentaire qui s’est mise en place. Tout le fragile écosystème citadin risque alors d’en souffrir.

En conclusion, la pollution lumineuse, entraînée par l’éclairage artificiel nocturne, mérite vraiment que l’on s’y intéresse.

D’autant plus que nos propres organismes peuvent en éprouver des dommages, la nuit totale durant le sommeil étant indispensable au bon fonctionnement de notre corps.

De votre côté, avez-vous remarqué d’autres exemples de problèmes causés par l’éclairage des villes en pleine nuit ?

Véronique Michelan

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©Hans Braxmeier

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