Un traitement à l’étude pour les métastases au cerveau

De nombreux cancers entraînent le développement de métastases au cerveau. Une équipe de l’Université de Caen Normandie a démontré l’efficacité, sur la souris, d’une nouvelle approche thérapeutique. Les résultats ont été publiés dans la célèbre revue médicale Neuro-Oncology et montre l’existence d’un traitement à l’étude pour les métastases au cerveau.

Un traitement pour les métastases au cerveau - Le blog du hérisson
©Adobe Stock / Peter Schreiber

Métastases cérébrales : un pronostic sombre

On parle de « métastases cérébrales » lorsqu’un cancer d’un autre organe (un cancer appelé « primitif ») s’est propagé au cerveau. Des métastases s’y développent fréquemment en cas de cancer du sein, de la peau ou du poumon. Parmi les cancers chez les femmes, celui au sein est le plus répandu dans les pays développés. Environ 20 %  des cancers du sein développent des métastases cérébrales. Les progrès médicaux des dernières années permettent une meilleure espérance de vie. En augmentant la survie, il est plus fréquent de traiter des métastases cérébrales, puisqu’elles ont plus de temps pour se développer.

Les traitements actuels, par radiothérapie externe et par chirurgie, sont majoritairement vains pour la plupart des patients. La présence de métastases au cerveau entraîne un très mauvais pronostic de survie (6 mois en moyenne), même si le cancer primitif répond bien aux traitements. En effet, le diagnostic est généralement tardif et les risques d’effets secondaires importants. C’est pour répondre à ce besoin de nouvelles approches thérapeutiques qu’une équipe de l’Université de Caen Normandie a entamé des travaux de recherches prometteurs.

Une solution testée avec succès sur les souris

L’enjeu est de pouvoir traiter les métastases cérébrales de façon plus précoce et mieux ciblée par rapport aux traitements par radiothérapie externe. Les cellules des métastases cérébrales sont entourées de cellules endothéliales sur lesquelles sont activées une protéine spécifique appelée VCAM-1 (Vascular Cell Adhesion Molecule-1). Les travaux de recherche se sont concentrés sur le ciblage de cette protéine, grâce à la radio-immunothérapie alpha.

Cette technique utilise le plomb 212 qui a de fortes capacités balistiques et qui permet donc d’administrer une forte dose d’énergie sur une zone très ciblée. Le plomb 212 est alors associé à un anticorps anti-VCAM-1.

Une collaboration avec l’Université d’Oxford a permis de démontrer l’efficacité de cette approche chez la souris.

Cette nouvelle approche du traitement des métastases cérébrales, qui se base sur une radio-immunothérapie couplant le plomb 212 associé à un anticorps anti-VCAM-1, permet d’envisager avec espoir des études précliniques. L’objectif est de réduire la mortalité liée à de nombreux cancers.

Magaly Moisan-Gobin

Un traitement pour les métastases au cerveau

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