C’est le bon moment pour arrêter de suivre l’actualité

Et si un trop-plein d’information pouvait nuire à votre santé ? Au cours de la journée, notre cerveau est bombardé, assailli, écrasé par un flot ininterrompu de nouvelles alarmantes et anxiogènes. C’est particulièrement vrai durant cette période de crise. Mais alors, que faire pour éviter cela ? Plus que jamais, c’est le bon moment pour arrêter de suivre l’actualité ! Éteignez la télé, coupez cette radio, fermez le journal et vous vous sentirez mieux ! Mais ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de faire l’autruche et d’ignorer entièrement ce qui se passe dans le monde. Il convient plutôt de dire STOP à la boulimie informationnelle dont nous subissons les conséquences : stress, nervosité, détresse émotionnelle… Car arrêter de regarder les infos, c’est aussi apprendre à mieux s’informer pour vivre plus en harmonie avec nous-même.

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Arrêter les infos pour être plus heureux ?

Passer nos journées à consulter les médias fait-il de nous des personnes plus cultivées ou épanouies ? Avons nous vraiment besoins d’être au courant de tout, tout le temps ? Difficile de faire la part des choses dans une société où l’information est devenue un bien de consommation massive. Pourtant les faits sont là.

• La surinformation est source d’anxiété

Faisant irruption dans nos vies de bon matin via la télé, la radio ou le téléphone, les médias déversent dans nos têtes un flot ininterrompu d’information, dès le réveil. Malheureusement, les nouvelles diffusées sont souvent mauvaises. Catastrophes naturelles, attentats, guerres, scandales politiques sont abordés dans les journaux télévisés à longueur de journée. C’est un fait, les médias sont anxiogènes. Ils le sont d’autant plus depuis le début de la crise du Coronavirus. Nous suivons avec peur et angoisse le nombre de personnes contaminées et décédées et les mesures prises par le gouvernement. Mais en laissant notre télé allumée en fond toute la journée, nous faisons entrer dans nos maisons le stress et l’amertume. Nous nous sentons démunis et impuissants face à des nouvelles qui arrivent de toute part et qui nous dépassent. En consultant les réseaux sociaux toutes les demies-heures, en suivant heure par heure l’avancée de l’épidémie, nous rentrons dans une boucle infernale et nous frôlons la panique à tout instant. Résultat : nous sommes stressés, agités, épuisés, frustrés…

Pourtant, au-delà des nouvelles essentielles à connaître en cette période tendue, nous n’avons pas besoin de nous alourdir d’avantages d’actus stressantes. Arrêter de regarder les infos nous permet de nous concentrer sur les choses essentielles de notre quotidien. Nous sommes alors plus détendus, plus ouverts aux autres mais également plus à l’écoute de nous-même.

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• La surinformation surmène notre cerveau

À force de suivre scrupuleusement ce qui se passe dans le monde à chaque instant, nous sollicitons à outrance notre pauvre tête. La surinformation nous attire dans ses filets comme une araignées affamées et finit par nous piéger. En jouant sur nos émotions, les journaux télévisés et les réseaux sociaux misent sur le sensationnel, déguisant ainsi bien souvent une actualité creuse. Au-delà de l’information de premier plan, nous sommes donc bombardés de nouvelles inutiles et polluantes qui utilisent le virus comme appât pour cerveaux zombifiés. Tout cela nous draine de nos forces et nous épuise. Arrêter de suivre l’actualité est un moyen de ralentir la cadence, de reposer notre cerveau et de libérer un peu de place dans nos esprits. On parle peu de la charge mentale entraînée par une surconsommation de l’information, pourtant celle-ci est bien réelle et porte même un nom : surcharge informationnelle ou infobésité. Une diète médiatique permet donc de limiter les risques de dépression liée au surmenage.

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• La surinformation mène à la désinformation 

Clamez haut et fort « je ne regarde plus les infos ! » et vous verrez votre interlocuteur vous faire les gros yeux. Et pour cause, la « News sphère » est devenue un bien de consommation comme un autre et ne pas suivre l’actualité dans un monde ultra-connecté est perçu comme un comportement marginal et incompréhensible pour certains. Pourtant, s’informer à outrance ne mène pas forcément à un excès d’intelligence. D’ailleurs, c’est plutôt l’inverse. Les réseaux sociaux notamment, nourrissent la culture du clic et jouent sur les émotions de leurs utilisateurs pour les inciter à interagir davantage. Mais cette tendance de l’emballement médiatique et du partage viral contient plusieurs risques : infos tronquées et sorties de leur contexte, fake news, nouvelles inutiles… C’est ainsi que naît la désinformation. Certaines personnalités médiatiques se servent même de canaux de diffusion populaires pour répandre des fake news et servir ainsi leurs intérêts. D’autres actus reprises en boucle, peuvent contribuer à attiser la haine ou à inciter indirectement l’opinion politique d’une partie de la population. Désinformation va donc de paire avec manipulation et il suffit de ne plus suivre les nouvelles quelque temps pour s’en rendre compte.

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Arrêter de suivre l’actualité pour rester mieux informé 

Oui, arrêter l’information est bénéfique pour notre moral ! Mais renoncer au journal télévisé ne veut pas dire plonger dans l’ignorance. En réalité, dire STOP au gavage médiatique implique simplement de trouver une meilleure manière de s’informer.

• Choisir ses sources

Pour éviter la dissonance informationnelle et frôler l’overdose, il est important de s’informer autrement. Une diète médiatique ne passe pas par le refus total de l’information mais plutôt par une sélection plus rigoureuse de nos sources. Mais alors, comment bien s’informer dans une société victime de son infobésité ? Choisissez des médias auxquels vous faites confiance, privilégiez des canaux connus et ne vous attardez pas trop sur les posts Facebook de votre cousin conspirationniste. Évidemment, certains partages relayés sur les réseaux sociaux sont pertinents et même enrichissants ! Alors, si une info attire votre attention, tentez de la vérifier et de la comparer avec d’autres sources. Gardez toujours un regard critique sur ce que vous lisez. Bien s’informer ne passe donc pas par la quantité mais plutôt par la qualité du contenu que vous consommez. Lorsque quelqu’un vous dit : « j’ai arrêté de suivre l’actualité », cela veut probablement dire que la personne consulte, à son propre rythme, les infos qui lui semblent centrales et qu’elle délaisse tout ce qui est superflu.

• Choisir ses heures 

Ne subissez plus l’information, maîtrisez-là. En allumant la radio ou la télé dès le réveil, en encore se posant devant le journal télévisé après une journée fatigante, vous recevez un shot de négativité à des moments ou vous êtes le plus vulnérable. Pire encore, si vous laissez votre télé ou votre radio en fond toute la journée, vous êtes constamment exposé à la morne redondance de ce qui a déjà été répété tant de fois. Durant le confinement, plus que jamais, il est important de choisir une heure pour s’informer. Elle ne peut dépendre que de vous et de vos habitudes de vie. Mais privilégiez surtout les moments où vous êtes prêt à vous tenir informé de toutes les nouvelles négatives ou positives de ces dernières 24 heures. Et si aujourd’hui vous n’avez pas le moral, zappez les infos ! Vous apprendrez tout ce qu’il faut savoir demain. Le monde n’arrêtera pas de tourner sans vous !

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• Gardez un esprit ouvert

Mieux s’informer va de pair avec un esprit ouvert. S’il est important de rester au courant de l’évolution du Coronavirus, il est tout aussi primordial de s’ouvrir à d’autres nouvelles, plus positives. Il existe même des sites spécialisés dans les news feel good qui remontent le moral en ces temps délicats. Chouchoutez vos neurones à dopamine, et ouvrez-vous à des sources d’information alternatives. Enfin, éviter l’actualité anxiogène, passe aussi par la manière dont vous consommez l’information reçue. Par exemple, lorsque vous vous informez sur le nombre de personnes malades ou décédées à cause du Coronavirus, n’oubliez pas de consulter également le chiffre des personnes guéries et sorties de l’hôpital, histoire d’équilibrer les mauvaises et les bonnes nouvelles.

Stefania Zarovski

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