Comment gérer l’angoisse liée au Coronavirus ?

L’arrivée du Covid-19 a bouleversé notre mode de vie, mais surtout notre état psychologique. Même les moins anxieux d’entre nous doivent faire face à des peurs qu’ils n’auraient peut-être jamais pensé ressentir un jour. Si celles-ci ne sont pas contrôlées, elles peuvent devenir un réel cauchemar et prendre le pas sur tout le reste. Pourtant, il existe des moyens pour soulager cette anxiété afin de mieux vivre cette période inédite. Mais comment faire pour arriver à gérer l’angoisse liée au Coronavirus ?

Comment gérer l’angoisse liée au Coronavirus ? - Le blog du hérisson

Ne pas culpabiliser d’être paniqué face au Coronavirus

Nos habitudes de vie sont chamboulées, nos projets d’avenir en suspens, le Coronavirus peut nous atteindre, etc. Tous ces changements entraînent des émotions fortes et très changeantes qui nous surprennent et nous déstabilisent.

• Comprendre que cette situation inédite fragilise

Pour certains d’entre nous, ces nouvelles peurs peuvent être culpabilisantes. Nous pouvons nous sentir désarmés face à des crises de panique difficiles à gérer. Comme nous avons plus de mal à contrôler nos émotions, nous pouvons considérer cet état comme une faiblesse et culpabiliser d’avoir du mal à faire face. Nous angoissons même que la crise de panique survienne. Cette peur d’angoisser exacerbe ces pensées négatives et les renforce.

• Accepter son anxiété

Il faut apprendre à accepter cet état psychologique et ces nouvelles difficultés. La situation que nous vivons amène des symptômes qui ressemblent à ceux que nous pouvons avoir en cas de stress post-traumatique. Le Coronavirus a fait naître une situation nouvelle, imprévisible, et qui dure. Nous ne pouvons savoir quand le retour à la normale sera possible. C’est pourquoi la détresse psychologique que nous ressentons ne doit pas être vécue comme une absence de contrôle de notre part, mais comme quelque chose de normal. Si nous acceptons nos émotions et les symptômes physiques qui en découlent, nous pourrons mieux gérer notre anxiété par la suite. N’oublions pas que celle-ci appartient à l’expérience humaine.  

Partager ses peurs

Si nous avons du mal à comprendre nos peurs, à les gérer, nous pouvons les partager avec d’autres. Ce sera d’autant plus facile si nous ne culpabilisons pas d’être angoissés.

• Se tourner vers sa famille et ses amis

En extériorisant notre anxiété auprès des personnes en qui nous avons confiance, nous comprendrons vite que nous sommes loin d’être les seuls à nous morfondre et à vivre les fameuses palpitations, difficultés à respirer, tremblements, etc. Nous serons même très vite rassurés sur ce point, car même les plus zen d’entre nous ressentent actuellement ce type de symptômes. Nous sommes également nombreux à désinfecter tout ce que nous trouvons sur notre passage pour éloigner le virus. Ces petites choses auxquelles nous ne faisons pas attention en temps normal peuvent nous amener à croire que notre état mental se détériore et que les autres pourraient nous prendre pour des fous. Et pourtant… en discutant avec d’autres, nous nous rendons compte qu’ils sont encore plus maniaques. Nous voilà soulagés.

Voyons cette pandémie comme une opportunité de renouer le contact avec des amis que nous avons perdus de vue, des personnes dont nous n’avons pas pris de nouvelles depuis longtemps. Créer du lien permet de mieux combattre nos craintes.

Anxiété dûe au Coronavirus - Le blog du hérisson

• Se faire aider par des professionnels

Si le stress est trop lourd à porter, il peut être nécessaire de se tourner vers des psychologues ou autres thérapeutes. Encore une fois, il ne faut pas en avoir honte et oser faire le pas. Depuis le début de la pandémie, de nombreuses initiatives ont vu le jour. En voici quelques-unes :

  • le gouvernement a mis en place un numéro vert : 0 800 130 000. Créé à l’origine pour renseigner sur le virus, il propose aujourd’hui un service de soutien psychologique qui fonctionne 7j/7 ; 
  • CovidÉcoute est une plateforme gratuite où il est possible de consulter un professionnel à distance (psychiatre, psychologue, addictologue) ;
  • Cogito’Z est un centre de psychologie qui a mis en place une hotline psychologique également gratuite ;
  • sur Instagram, deux journalistes ont créé Corona-Anxieux United afin que chacun puisse échanger sur ses émotions négatives et poser des questions. Les personnes se sentent soulagées de voir qu’elles ne sont pas les seules à éprouver de la panique. Une grande place est faite à l’humour pour aider à dédramatiser.

Prendre du temps pour s’occuper de soi et des autres

Être à l’écoute de notre corps et de nos besoins est primordial. 

• Lâcher-prise pour réduire le stress

Pour éviter de cogiter, et ainsi soulager le mental, nous pouvons mettre en place des petits rituels quotidiens. Avec le déconfinement, il est plus facile de pratiquer une activité physique. Si celle-ci peut se faire dans la nature, c’est encore mieux, car nous savons à quel point l’environnement naturel est apaisant pour l’esprit. Si cela n’a pas déjà été mis en place pendant le confinement, les techniques de relaxation sont essentielles en cette période compliquée. De nombreux professionnels ont mis à notre disposition des séances à distance. Cela en facilitera d’autant plus le sommeil dont le manque nous rend si vulnérables. N’oublions pas la mise en place d’activités structurées comme le bricolage, la lecture, etc. Elles sont un très bon moyen de nous vider la tête. Privilégions les moments de plaisir. C’est un terme que nous avons peut-être un peu oublié, car nous sommes submergés par nos émotions.

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• Miser sur l’entraide

Oui, s’occuper des autres est aussi une bonne méthode pour éviter les pièges de l’angoisse. Si nous nous sentons de le faire, bien évidemment. Quand nous sommes très anxieux, nous pouvons avoir peur du moindre contact et craindre une contamination en allant faire les courses pour un voisin, par exemple. Dans ce cas, il vaut mieux ne pas se rajouter de stress supplémentaire. Des plateformes ont été créées pour susciter cette entraide. Il est possible de s’engager pour faire du soutien psychologique à distance. Dans ce cas, aucun contact n’est nécessaire. Même en étant émotifs, nous pouvons soutenir les autres, car nous les comprenons mieux que personne. En prenant du temps pour rendre service, nous sommes moins centrés sur nos émotions. Nous voyons aussi parfois que des personnes sont beaucoup plus mal loties que nous, car elles sont en mauvaise santé, âgées, etc. Cela nous permet de relativiser notre propre situation et de nous rendre compte que d’autres ont réellement besoin de nous. Être solidaires nous apporte également une certaine fierté de pouvoir apporter notre contribution en cette période traumatisante. 

Mettre en avant le positif

Le Covid-19 a tout chamboulé (projets de vacances, économie, etc.). En nous centrant sur les éléments importants et positifs de notre vie, nous verrons que tout n’est pas noir, bien au contraire.

• Prendre enfin le temps

Combien d’entre nous rechignent en temps normal à se lever le matin pour passer au moins huit heures au travail ? Combien d’entre nous se plaignent également de consacrer leur temps à leur activité professionnelle et de ne pouvoir flâner ou avoir des occupations plus épanouissantes ?  N’avons-nous pas ici une opportunité de vivre autrement, peut-être plus lentement pour ceux qui le peuvent ? Ce fameux temps après lequel nous courons tous, essayons de le rattraper un peu. Nous avons tous un projet que nous avons dû laisser dans le placard parce que nous étions submergés. Pourquoi ne pas lui faire prendre vie ? Si ce n’est pas possible dans l’immédiat, pensons à ce que nous aurons envie de mettre en place quand tout cela sera terminé.

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• Comprendre que chacun a les capacités de faire face

Face à un problème, nous pouvons nous sentir démunis, affaiblis. Pourtant, nous sommes beaucoup plus solides que ce que nous pensons. C’est peut-être donc le moment de nous rappeler les techniques gagnantes que nous avons déjà mises en place face à un événement problématique. Les personnes très émotives nous surprennent bien souvent par leur courage, car elles sont très exigeantes envers elles-mêmes et cherchent à se surpasser.

• Se rassurer avec les avancées des chercheurs sur le Covid-19

Les chercheurs avancent beaucoup plus vite pour cerner le virus. Rappelons-nous l’angoisse que nous avons éprouvée avec le VIH dans les années 80. Les scientifiques ont mis des années à mieux comprendre le virus, et il n’existe toujours pas de vaccin. Pour le Coronavirus, les avancées en matière de traitements et vaccins sont déjà très positives. N’oublions pas que plus de 80 % des cas sont bénins, même si en regardant les informations, nous avons l’impression que la population est décimée. Les médias insistent plus sur le nombre de décès que celui des guérisons, ce qui ne nous aide pas.

Bien s’informer

Avant l’arrivée du Covid-19, nous étions déjà victimes d’un trop-plein d’informations. Les médias de masse nous assaillent de news plus ou moins qualitatives.

• Vérifier ses sources

Il est important d’aller chercher l’information donnée par des spécialistes de la santé pour être sûrs d’avoir des sources fiables. Méfions-nous des nouvelles sensationnelles provenant de sources indéterminées ou suspectes. Elles nous fragilisent et nous empêchent de conserver notre esprit critique. Les fake news s’en donnent actuellement à cœur joie.

• Limiter son temps devant les informations

Ne passons pas tout notre temps sur l’actualité pour voir les dernières nouvelles (nombre de décès, de patients en réanimation). Il vaut mieux nous en tenir à l’essentiel. L’actualité est très anxiogène et déclenche des crises d’angoisse face à l’inconnu. Les politiques rappellent d’ailleurs souvent qu’ils ne savent pas quand il sera possible de retrouver une vie normale, que tout se fait au jour le jour. Ces propos nourrissent notre anxiété.

Écrire pour se soigner

Même si nous n’en avons pas tous conscience, l’écriture a des vertus thérapeutiques. C’est donc le moment de tenter l’expérience. Voici quelques exemples :

• Tenir un journal intime

D’autres l’ont fait avant nous, et dans des situations beaucoup plus graves. Pour exemple, le célèbre Journal d’Anne Frank, dans lequel la jeune fille y décrit toutes ses peurs vécues pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fait de coucher des mots négatifs et positifs sur le papier allège la souffrance et permet de prendre du recul. Nous pouvons laisser les émotions qui nous submergent s’exprimer, et nous en libérer, surtout si nous avons peu de gens à qui nous confier.

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• Réaliser un journal créatif : une autre façon de tenir son journal intime

Mise au point par Anne-Marie Jobin, cette technique nous invite à combiner écriture, dessin et collage dans le but de dépasser nos difficultés. Elle permet de prendre du plaisir à faire des activités créatives tout en faisant émerger nos ressentis afin qu’ils ne restent pas enfouis.

Dans son livre, Le nouveau Journal Créatif, elle propose de nombreuses activités permettant de calmer le stress, dépasser les blocages, etc. Affirmations positives, lettres fictives, dessins zen, jeux de collage, etc. Tout est pensé pour à la fois nous divertir et nous faire réfléchir sur la manière d’améliorer notre qualité de vie.

Nous l’aurons compris, la situation actuelle est très éprouvante psychologiquement pour la majeure partie d’entre nous. Mais des solutions efficaces existent pour apaiser nos maux et nous redonner espoir face au Coronavirus. Pourquoi ne pas les essayer dès aujourd’hui ?

Laurence Terroni

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