Faut-il croire à l’existence du blob ?

Avec internet, il est désormais très facile de faire circuler des informations qui ne sont pas toujours vraies. Il suffit de lancer par exemple, un sujet intrigant qui sera ensuite repris, déformé et amplifié, pour devenir une histoire qui semble exacte ! Alors n’en sera-t-il pas de même avec le Blob, cette chose visqueuse qui viendrait de nulle part ? Pouvons-nous croire à ce qui est dit : le Blob, un organisme quasi immortel et doté de certaines facultés bien qu’il n’ait pas de cerveau. Faut-il croire à l’existence du Blob ? Décryptage.

Faut-il croire à l’existence du blob ? - Le blog du hérisson

Qu’est-ce que le Blob ? Ni végétal, ni animal, ni même champignon !

En fait, comme il reprend certaines caractéristiques de ces organismes, il semblerait qu’il soit un peu tout ça à la fois.

  • Il se nourrit et se déplace comme un animal. Il mange des champignons et avance en rampant d’un 1 cm par heure, 4 cm en cas de grosse faim ;
  • Il se reproduit par spores comme un champignon et il en a l’aspect parfois, comme une grande moisissure ;
  • Il fabrique des pigments comme une plante et existe en différents coloris : rose, vert, violet et jaune.

Un laboratoire de recherches l’a baptisé ainsi en référence à un film d’horreur des années 50, « The Blob ». Il retrace l’histoire d’une affreuse créature qui arrive sur Terre, grossit et dévore les habitants. Pas très rassurant !

Son apparence n’est pas des plus sexy. Il ressemble à une sorte d’omelette spongieuse et pourrait s’étaler sur 10 m2 ! Il se déploie en produisant un réseau de veines qui lui serviraient à beaucoup de choses, comme communiquer avec ses congénères, se déplacer ou même fusionner avec un autre Blob.

Il faut préciser qu’il n’a pas de tête, pas d’oreilles, pas d’yeux et pas de bouche ! Il s’alimente par phagocytose, c’est-à-dire qu’il intègre la nourriture à son organisme, la transformant ainsi en nutriments. Ses objectifs dans la vie : manger et se reproduire.

On nous dit aussi que le Blob est unicellulaire – le corps d’un être humain contient 100 000 milliards de cellules – et est quand même doté de nombreuses facultés. Vous y croyez, vous ?

Comment une créature sans cerveau peut-elle avoir tant de pouvoirs ? 

Si l’on considère que l’intelligence serait de résoudre certains problèmes, alors on pourrait penser le Blob savant ! En voici peut-être la preuve, avec quelques expériences qui auraient été réalisées en laboratoire.

• La carte d’un réseau ferroviaire

Les aliments dont le Blob raffole, des flocons d’avoine, sont disposés sur une surface plane, de façon à représenter la position de Tokyo et ses villes alentour. Le Blob est placé sur le flocon Tokyo et va alors s’étendre en créant un entrecroisement de veines jusqu’à recouvrir tous les points. Cette carte ainsi dessinée est la copie, mais plus performante, du réseau ferroviaire japonais actuel. Le Blob venait de développer en peu de temps un tracé qui avait mis 50 ans à voir le jour !

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• Pas de cerveau, mais de la mémoire

Le Blob n’a pas de cerveau et donc pas de mémoire interne. Mais il en possède une externe. Par exemple, si on le dispose à l’entrée d’un labyrinthe avec de la nourriture à l’autre bout, il réussit à en sortir par le chemin le plus court. Il essaye différentes routes en laissant derrière lui des traces de mucus, pour ne pas repasser par la même direction !

• Apprendre et enseigner

De la nourriture est disposée derrière une barrière de sel qu’il va, après plusieurs tentatives, réussir à contourner. Sachez que le Blob déteste le sel. On pose alors près de lui un autre Blob, naïf. Les 2 vont fusionner, se dissocier et le novice va éviter l’obstacle salin sans hésitation. L’information aura donc circulé entre eux, probablement par des veines créées pendant l’association.

Cela paraît juste incroyable, mais le meilleur reste à venir. Un Blob ne meurt pas (ou presque).

Cela est-il possible que le Bob soit immortel ?

La constatation qu’il ne meurt pas serait née au Texas après qu’une personne ait trouvé un matin, une créature gélatineuse dans son jardin. Les pompiers impuissants et effrayés décident de la brûler. Le lendemain, après une nuit pluvieuse, cette chose était de nouveau là, en ayant doublé de volume ! La légende de l’ORNI, Objet Rampant Non Identifié, était construite.

Depuis, de nombreux tests ont été bien sûr effectués. Il semblerait alors que le Blob soit un peu comme de la pâte à modeler. Il est possible de le couper en plusieurs petits bouts qui, si disposés les uns près des autres, vont se recoller. Il cicatriserait même en 2 min à peine.

Si le Blob est privé pendant un certain temps de lumière et de nourriture, il va se ratatiner, se dessécher et attendre des jours meilleurs. Il pourrait rester ainsi plusieurs années au fond d’un placard, jusqu’à ce que réhydraté, il reprenne vie ! Et ceci pourrait être répété à l’infini.

Par contre, le Blob vieillit comme toute cellule et son aspect se modifie au fil du temps. Il suffit alors de l’asperger d’un peu d’eau, et voici que l’individu retrouve une nouvelle jeunesse.

Faut-il croire en l’existence du blob ? Alors, toujours autant sceptique ?

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Alors devons-nous croire en son existence ?

Eh bien oui, le Blob existe réellement ; tout ce que vous venez de lire est vrai.

Sauf peut-être le point concernant son immortalité : le mettre en pleine lumière, le priver d’oxygène ou bien le congeler pourrait le faire mourir. Même s’il résiste quand même à quelques secondes de micro-ondes !

Le Physarum polycephalum, de son nom scientifique, est apparu sur Terre, il y a plus de 500 millions d’années. Nous les humains, n’avons qu’une seule espèce, Homo Sapiens Sapiens, alors que pour le Blob, il y en a déjà 1000 connues à ce jour, de formes et de couleurs différentes.

Cet organisme est présent partout dans le monde, dans des forêts avec des sous-bois humides, où il est parfois confondu avec un tapis de mousse. Selon les pays, son nom change comme « cacade luna » au Mexique ou « dog vomit » aux États-Unis.

Il joue un rôle très utile dans l’environnement. Il mange et digère des bactéries puis les déchets qu’il rejette servent aux plantes et champignons pour se nourrir. Un écosystème sans Blob impliquerait alors la disparition d’une partie des végétaux.

Ses particularités font le bonheur des scientifiques, dont Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS, qui lui consacre ses études. Le Blob est intéressant notamment pour l’avenir de la recherche. En effet, comprendre le fonctionnement et l’apprentissage d’un organisme unicellulaire, permettrait des applications analogues à nos propres cellules. Et pourrait ainsi peut-être aider à soigner de nombreuses maladies.

Alors, reconnaissez que cet organisme absolument incroyable mérite vraiment d’exister !

Votre prochaine promenade en forêt a désormais un but : dénicher un Blob. Par contre, observez-le, prenez des photos, mais ne le déplacez pas. C’est inutile de vouloir l’adopter, car il n’est pas très communicatif, et de plus, il est bien plus heureux dans son milieu naturel.

Si vous souhaitez mieux le connaître et découvrir toutes les expériences qui lui sont proposées, allez lui rendre visite au parc zoologique de Paris où il a élu domicile depuis octobre 2019. Vous allez en devenir un fan absolu !

Anne Van Laer

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