Le pôle Sud se réchauffe plus vite que prévu

Pendant de nombreuses années, des chercheurs de Nouvelle-Zélande, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis se sont penchés sur la cause de l’accélération du réchauffement climatique. Ce qu’ils ont découvert dépasse nettement les prévisions : il semblerait que le pôle Sud se réchauffe plus vite que prévu.

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Une hausse des températures impressionnante

Aujourd’hui, le calcul de la température de l’air de surface (SAT) nous permet d’avoir un aperçu précis de l’évolution du climat mondial. En moyenne, notre planète se réchauffe de 0,15 à 0,2 °C par décennie depuis les années 70. Jusqu’ici, les scientifiques pensaient que les températures du pôle Sud restaient inférieures à cette tendance. Mais les dernières analyses d’une étude sur les données météorologiques des 60 dernières années nous montrent que l’Antarctique subit un réchauffement 3 fois plus rapide que le reste du monde. En 30 ans, les températures moyennes du continent de glace ont augmenté de 1,83 °C, ce qui révèle un accroissement de 0,6 °C par décennie. Ces relevés font apparaître l’ampleur d’un phénomène insoupçonné, qui démontre que le pôle Sud n’est en réalité pas immunisé contre le réchauffement climatique. À l’image de l’Arctique, l’Antarctique fait donc partie des zones les plus sensibles aux dérèglements climatiques de la planète.

Un phénomène naturel amplifié par les activités humaines

Un phénomène cyclique qui altère le climat et les températures moyennes enregistrées explique, en partie, cette hausse. Appelé « oscillation interdécennale du Pacifique (IPO) », celle-ci se décline en 2 phases sur une période de 15 à 30 années. La phase positive correspond à une augmentation de la température de surface de l’océan Pacifique dans sa région tropicale et à un refroidissement du Pacifique nord, inversement à la phase négative. Cette dernière, qui a débuté au début du XXIème siècle, marque une augmentation de la pression atmosphérique en haute altitude, ce qui entraîne l’apparition d’un flux d’air chaud directement au-dessus du pôle Sud. Ce changement climatique naturel explique l’augmentation des températures moyennes, mais pas les records météorologiques enregistrés, qui pourraient avoir été amplifié par les gaz à effet de serre.

« Alors que le réchauffement se situait dans la variabilité naturelle des modèles climatiques, il est fort probable que l’activité humaine y ait contribué », déclare Kyle Clem, chercheur à l’Université Victoria de Wellington et auteur principal de l’étude.

Les répercussions de l’activité humaine sur cette hausse des températures sont difficiles à repérer dans cette zone polaire sujette aux changements climatiques, mais elle pourrait s’ajouter à la liste des transformations anormales du pôle Sud. En cause, notamment, les émissions de dioxyde de carbone, déjà en partie responsable de la fonte des glaces sur les côtes et de l’accroissement des algues vertes sur cette partie du globe.

Quentin Gervais

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