Les récifs coralliens en danger

Les coraux abritent 25 % de la vie marine de la planète. Pourtant, ils ne représentent que 0,2 % de la superficie des océans. Plus d’un million d’espèces animales et végétales dépendent de ces labyrinthes de calcaire. Cet écosystème fertile est réparti dans toutes les mers du globe, tropicales à froides. Il assure une incroyable biodiversité sur la Terre. Mais attention, les récifs coralliens sont en danger. Depuis le milieu du siècle passé, le monde a perdu 20 % de ces richesses. Voyons ensemble pourquoi.

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Comment fonctionnent les coraux ?

Les coraux sont constitués d’une colonie de minuscules organismes invertébrés, les polypes. Ces polypes mesurent de 1 à 3 mm et se nourrissent de planctons, grâce à leurs tentacules. Ils sécrètent du carbonate de calcium, qui forme le squelette calcaire et donne naissance à ces formes particulières. Chaque année, les coraux grandissent de quelques millimètres à une vingtaine de centimètres.

Le corail fonctionne en symbiose avec de nombreux organismes, dont une algue nommée zooxanthelle. C’est elle qui lui fournit 90 % de l’énergie nécessaire à son développement, ainsi que les couleurs magnifiques typiques des récifs coralliens.

Quel rôle jouent-t-ils ?

Les récifs coralliens sont souvent appelés « forêt tropicale des mers ». À eux seuls, ils assurent une biodiversité irremplaçable. Ils jouent un rôle fondamental dans la préservation des écosystèmes.

Nombreux sont les animaux marins qui trouvent refuge entre les branches protectrices des coraux. De cette manière, ils peuvent échapper à leurs prédateurs et se mettre à l’abri des courants, parfois violents.

C’est également une source alimentaire pour la faune marine, qui deviendra elle-même la nourriture principale des îliens.

Enfin, ces barrières coralliennes exercent un rôle majeur dans la protection des terres et des plages, contre la puissance des vagues de l’océan et des cyclones saisonniers.

Pourquoi les récifs coralliens sont en danger ?

Les trois quarts des récifs coralliens sont menacés d’extinction à l’heure actuelle. De nombreuses études scientifiques ont démontré l’impact de l’activité humaine sur la dégradation de cet écosystème fragile.

• Le réchauffement des mers

Depuis 2015, l’hémisphère austral a subi des vagues de chaleur successives. En Australie, une importante portion de la grande barrière de corail a blanchi.

Le blanchiment du corail intervient quand la température de la mer augmente anormalement, et cela pendant plus de trois semaines. Cela crée un stress intense qui empêche la symbiose entre le corail et la zooxanthelle. Les deux se séparent et si la situation ne se rétablit pas rapidement, le corail perd sa couleur et meurt de faim en quelque sorte.

Le récif australien abritant l’écosystème le plus riche au monde succombe au réchauffement climatique.

• L’acidification des océans

Longtemps, l’océan a absorbé le CO2 émis sur la Terre. Le CO2 se dissout dans l’eau de mer et influence son pH. Plus nous produisons de CO2, plus l’acidité des mers augmente.

Depuis le début de l’industrialisation, l’acidification des océans a augmenté de 30 %.

Les coraux sont sensibles à une diminution du pH de l’eau, qui gêne leur capacité à sécréter du calcaire et à fabriquer leurs squelettes. Leur croissance est fortement ralentie.

Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls à être impactés par ces modifications. Des écosystèmes entiers sont ainsi bouleversés.

• La pêche

Certaines méthodes de pêche destructrices et agressives restent en vigueur, malgré les tentatives de réglementations internationales. 

Des pratiques, comme la pêche à la dynamite, au cyanure ou le chalutage en eau profonde participent à la dévastation des récifs coralliens.

La surpêche a également un impact, car elle conduit à l’épuisement des stocks de poissons. La chaîne alimentaire s’en trouve modifiée, entraînant une diminution de la biodiversité.

Par conséquent, les communautés qui dépendent de la pêche se trouvent aussi en péril.

• Les microplastiques

Plusieurs tonnes de plastique se retrouvent chaque année dans les océans. À la longue, les morceaux de plastique se fractionnent en menues particules (moins de 5 mm).

Ces microplastiques sont alors ingérés par de petits organismes marins. Ils multiplient le risque de maladies pour les récifs de coraux en transportant des microbes et des bactéries.

Une fois le tissu corallien atteint, il ne se régénère pas. C’est un peu comme une gangrène.

Comment les protéger ?

La lutte contre le réchauffement climatique est la première urgence pour ralentir la dégradation des récifs coralliens.

Des aires marines protégées ont été créées ces dernières années dans plusieurs pays du monde. 

Les scientifiques ont découvert que dans certaines régions, les récifs résistent mieux à l’augmentation des températures. Des organisations écologiques soutiennent des programmes de protection et de restauration des massifs coralliens. Cela permet de restaurer les zones détruites en transplantant des coraux sains d’un site à un autre par exemple.

Pour tenter d’enrayer la dégradation de ces précieux écosystèmes, nous pouvons soutenir une politique écologique, afin d’agir simultanément sur plusieurs fronts. Diminuer la pollution, encourager les méthodes de pêche durable et favoriser une économie bleue, qui protège et valorise ces richesses sous-marines.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la fondation Tara Océan et son expédition Tara Pacific 2016-2018.

Nicole Gachet

Les récifs coralliens en danger

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