Les six conséquences de la fonte des glaciers

La fonte des glaciers dont la cause est le réchauffement climatique s’est accélérée au cours des 20 dernières années. Des mesures satellitaires précises ont montré que la fonte a doublé durant cette période et que la quasi-totalité des glaciers est touchée. Ce phénomène important qui risque de bouleverser la vie sur la terre est un sujet de préoccupation pour les scientifiques.  L’enjeu est d’agir rapidement pour prévenir la catastrophe à venir. Quelles sont ou seront les six conséquences de la fonte des glaciers pour notre planète ?

Les six conséquences de la fonte des glaciers - Le blog du hérisson

La modification des courants marins

Rappelons que les pôles contiennent 99 % de la glace mondiale dont 90 % se trouvent en Antarctique.

Les conséquences sont différentes en Arctique et dans l’Antarctique en raison de caractéristiques géographiques  et climatiques distinctes.

En Arctique, le réchauffement des eaux équatoriales de 2,5° depuis 1970 entraîne une disparition de la glace de 13 % tous les 10 ans. La banquise ne peut plus jouer son rôle de régulateur du froid. Du fait de la diminution de la surface de la banquise, l’océan se réchauffe.

D’autre part, les glaciers de hautes montagnes fondent et déversent leurs eaux douces dans l’océan. La salinité diminue et modifie la densité. Les masses d’eau ne sont pas suffisamment denses pour s’enfoncer dans les profondeurs : elles restent en surface, empêchent la formation de la glace et modifient le fonctionnement des courants marins.

En Antarctique, la calotte glaciaire perd environ 5 mètres d’épaisseur près du fond marin tous les ans du fait du réchauffement climatique. Le sol ainsi exposé pourrait encore augmenter les températures, avoir un impact sur la circulation des vents et déclencher des précipitations. Elles viendraient ainsi accumuler l’eau douce dans l’océan et créer des perturbations de la circulation océanique.

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Un chaos climatique prévisible

La glace fondue va ainsi provoquer des perturbations importantes dans les courants océaniques et changer les niveaux de réchauffement à travers le globe. Des milliards de tonnes d’eau issues de la fonte des glaces, en particulier au Groenland, risquent d’affaiblir les courants océaniques qui, actuellement, transportent l’eau froide vers le sud tout en repoussant les eaux tropicales vers le nord. Des hivers plus froids et des étés plus chauds sont à prévoir, ainsi que des zones de plus hautes ou de plus basses précipitations.

Natalya Gomez, de l’université McGill au Canada souligne :

Les changements à grande échelle que nous voyons dans nos simulations sont propices à un climat plus chaotique, avec des événements météo extrêmes plus nombreux et des canicules plus fréquentes et intenses.

Les effets du changement climatique sont déjà perceptibles. Des pluies d’une intensité exceptionnelle ont touché l’Europe cet été faisant plus de 200 morts. L’Espagne dans le même temps était confrontée à une vague de chaleur intense.

Une montée des eaux accélérée

Depuis 1901, le niveau de la mer a augmenté d’environ 20 cm et le rythme s’accélère.

La fonte des glaciers de hautes montagnes, de l’Antarctique et du Groenland est principalement responsable de la hausse du niveau de la mer. Le rapport spécial du GIEC sur les océans et la cryosphère, paru en 2019, estimait l’élévation du niveau moyen de la mer à environ 1,4 mm par an en moyenne entre 1901 et 1990, et à 3,6 mm par an entre 2006 et 2015.

Le niveau de la mer continuera d’augmenter pendant des siècles. Cette hausse pourrait atteindre 30 à 60 cm environ d’ici 2100 si le réchauffement planétaire est limité à une valeur bien en dessous de 2 °C. Il pourrait atteindre 60 à 110 cm si ces émissions continuent d’augmenter fortement.

L’exode des habitants des métropoles côtières

Comme le rappelle le GIEC dans son rapport plus récent d’Août 2021, les communautés côtières connaîtront une multiplication :

  • 1 Des invasions d’eau salée ;
  • 2 Des inondations ;
  • 3 Des dégâts causés aux infrastructures.

L’élévation du niveau de la mer pourrait ainsi menacer 10 % de la population mondiale installée dans les grandes métropoles côtières, dans les deltas ou sur des îles. Les inondations menacent les infrastructures de villes comme New-York, Tokyo, Jakarta, Mumbai, Lagos ou Shanghai, très proches du niveau de la mer. La Banque Mondiale nous alerte sur le chiffre prévisionnel de 140 millions de réfugiés climatiques en 2050, mais les habitants de certaines îles et deltas fuient déjà leurs terres aujourd’hui, particulièrement en Asie et dans les îles du Pacifique. New York envisage des travaux de protection qui coûteront des milliards de dollars pour éviter la submersion.

Cependant, nombre de mégapoles côtières, densément peuplées, poursuivent leur expansion démographique, économique et infrastructurelle.

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La perturbation du cycle de vie des plantes et des animaux

L’habitat naturel des glaces du monde entier est constitué d’une foule d’êtres vivants, insectes, oiseaux marins, ours polaires, manchots empereurs, baleines boréales, krill dont la vie dépend de la banquise et des eaux très froides pour se procurer la nourriture.

Or la vie déserte une banquise qui se fait de plus en plus fine. Arbres et buissons deviennent verts dans les régions arctiques tandis qu’un nombre croissant d’animaux sont contraints  de migrer vers des territoires inconnus, et entrent en conflit avec l’homme !

Sans glace en 2050, les deux tiers des ours polaires pourraient disparaître, faute de zones de chasse et d’ici la fin de ce siècle, les colonies de manchots empereurs pourraient ainsi perdre 93 % de leurs effectifs à cause de la dislocation des glaces.

L’épuisement des ressources en eau douce

Un autre dommage collatéral de la fonte des glaciers est l’épuisement des ressources en eau potable.

La qualité des réserves d’eau douce souterraine et d’eau douce de surface est affectée par la conquête toujours plus importante de la mer sur la terre. Le processus de salinisation qu’elle engendre est une menace pour les ressources en eau potable qui pourraient affecter les hommes, les animaux et les plantes.

En Amérique du Sud, dans les Andes ou encore dans certaines régions d’Asie, la fonte des glaciers constitue une source essentielle d’eau potable et d’eau d’irrigation pour plusieurs centaines de millions de personnes s’inquiète Isabelle Velicogna, chercheuse au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa (États-Unis).

 

Les ressources en eau douce diminuent de fait plus rapidement chaque année. Cela augmentera le risque de pénurie et de conflits liés à l’eau dans de nombreuses régions du monde.

Dans les deltas, la montée des eaux salinise les sols et l’eau douce. Au Bangladesh par exemple, tous les poissons ne parviennent pas à s’adapter : c’est donc moins de poissons dans les filets des pêcheurs. Dans le Delta du Mékong, c’est la fertilité des sols qui diminue et menace les récoltes de céréales. Les sols agricoles, de plus en plus salins, s’appauvrissent et limitent la diversification.

Dans de nombreuses parties du globe (Asie, Afrique, zones tropicales et subtropicales), les productions agricoles pourraient chuter, provoquant de graves crises alimentaires, sources de conflits et de migrations.

Diminution de la fertilité des sols dans le delta du Mékong - Le blog du hérisson
Un garçon vietnamien à la recherche d’un poisson dans un canal asséché dans le sud du delta du Mékong ©AFP

Face à l’ampleur des dégâts qui touchent la planète,  la fonte des glaciers et ses conséquences ainsi que toutes les questions environnementales au sens large se discutent au niveau international. L’Accord de Paris sur le Climat qui proposait de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C d’ici à 2050 a été signé en 2015.

Six ans après, alors que l’urgence se fait de plus en plus pressante, la 26ème conférence des parties (COP26) signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques s’est tenue du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow.

Nul doute que la solution réside dans la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’ampleur du réchauffement et par un travail de prévention et d’adaptation aux conséquences.

Sabine Bertoche

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