COP26 : réaction urgente demandée

Le lundi 1er novembre 2021 a marqué le début de la COP26 qui se tient jusqu’au 12 novembre à Glasgow. Les chefs d’Etat et experts du monde entier sont présents pour tenter de s’accorder sur des mesures et engagements clairs visant à limiter les impacts du réchauffement climatique. A l’issue de cette COP26 une réaction urgente est demandée.

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COP26 : un renforcement des engagements pris à Paris en 2015

Initialement prévue en novembre 2020 mais repoussée à cause de la crise COVID, la COP26 se tient du 1er au 12 Novembre 2021 à Glasgow en Ecosse. Les dirigeants de 197 pays et plus de 20 000 représentants se retrouveront pour discuter des mesures à prendre au vu d’une situation climatique qui s’annonce catastrophique. La COP26 est considérée comme l’événement sur le climat le plus important depuis la COP21 et les Accords de Paris en 2015.

En effet, les Accords de Paris qui stipulaient la limitation à 2°C maximum le réchauffement climatique d’ici 2100 par rapport aux années 1850 ne sont pas suffisants. Du moins, il faut rapidement adopter des mesures appropriées et renforcer les engagements pris à Paris en 2015.

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié au mois d’août dernier ainsi que le rapport de l’ONU sur les contributions déterminées au niveau national (NDC) publié le 17 septembre dernier exposent tous deux l’insuffisance des mesures adoptées en 2015 dans le cadre des Accords de Paris. Le GIEC indiquait déjà dans son rapport “qu’à moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5 °C, ou même à 2 °C, sera hors de portée” (Communiqué de presse du GIEC, Août 2021). Ainsi, nous sommes sur la voie d’un réchauffement de +2,7°C d’ici 2100, ce qui entraînerait des conséquences climatiques dramatiques.

Une réaction urgente de la part des chefs d’états est demandée. Cependant, la non-participation de Xi Jinping et Vladimir Poutine, respectivement présidents de la Chine et de la Russie, semble mettre à mal l’objectif d’un consensus mondial sur la façon de mener à bien ces grands engagements climatiques. Bien que Pékin affirme viser la neutralité carbone d’ici à 2060 et que Moscou considère le climat comme une priorité, la présence des deux chefs d’états aurait été essentielle à la promotion d’une image de cohésion internationale sur le sujet du climat.

• Mitigation et adaptation

Il y a à la fois un effort de mitigation et d’adaptation à fournir pour limiter les impacts du changement climatique. La COP21 à l’issue de laquelle furent signés les Accords de Paris constituait une remarquable avancée en termes de lutte contre le réchauffement climatique puisqu’il s’agissait du plus grand rassemblement de leaders mondiaux de l’histoire. Pour la première fois presque tous les pays du monde se sont entendus pour limiter le réchauffement climatique à +2°C. Un effort global avait alors été envisagé pour limiter les impacts du réchauffement climatique. Seulement, les Accords de Paris n’ont fait que fixer des objectifs sans sanctionner les pays qui ne respectent pas leurs engagements. Il est alors intéressant de se demander si les mesures prises à l’issue de la COP26 pourront jouer un rôle plus coercitif en contraignant les pays à agir.

En ce qui concerne l’adaptation, un engagement de la part des pays développés pris en 2009 à la Conférence climat de Copenhague prévoyait la mobilisation de 100 milliards de dollars par an (environ 86 milliards d’euros) d’ici 2020 pour renforcer l’action climatique des pays en développement. Point négatif, cette promesse n’a pas été tenue et l’aide n’atteignait que 79,6 milliards de dollars (environ 69 milliards d’euros) en 2019 selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cependant, les organisateurs de la COP26 ont affirmé que cette aide serait atteinte en 2023, une nouvelle qui peut laisser sceptique mais qui révèle l’importance d’un débat sur le paiement des efforts de mitigation et d’adaptation.

• Un débat sensible

En effet, le réchauffement climatique est causé par les pays les plus riches, étant ceux qui polluent le plus. Mais ceux qui en subiront les conséquences ou qui les subissent déjà sont les pays les plus pauvres du globe. Cela relève des questions d’équité avec une certaine responsabilité des pays du Nord envers ceux du Sud.

Néanmoins, cela reste un débat ouvert avec des positions différentes. Certains estiment que les pollueurs historiques devraient payer tous les frais de mitigation et d’adaptation au changement climatique. D’autres pensent que ce coût devrait revenir à ceux qui bénéficient du changement climatique, par l’industrialisation par exemple. Enfin certains penchent pour une hypothèse dite plus équitable avec un modèle de paiement basé sur la richesse des différents pays. Ces arguments portent à la fois leurs avantages et inconvénients, ce qui rend le débat sensible.

Ainsi, la COP26 sera l’événement climatique le plus important depuis la COP21 et les Accords de Paris en 2015. En plus des experts et chefs d’État, de nombreux activistes pour le climat tels que la suédoise Greta Thunberg seront présents à Glasgow. Une pression se fait sentir quant à l’urgence de la situation et cette COP26 aspire à trouver des solutions concrètes pour maintenir et consolider les engagements des Accords de Paris.

Maxence Liddiard

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