Permaculture : un potager facile et durable
Les beaux jours arrivent, avec le retour de la douceur printanière et vous avez envie de vous lancer dans un nouveau projet : cultiver un potager. Vous avez un peu d’espace dans votre jardin, et planter quelques légumes serait idéal. Alors pourquoi ne pas tenter la permaculture ? Dans cet article, on vous apprend les bases pour vous lancer simplement en permaculture en réalisant un potager facile et durable, ainsi que des techniques pour planter et récolter vos légumes. Et tout ça sans travailler votre sol au préalable. C’est parti !

La permaculture, c’est quoi ?
La permaculture est un terme qui provient de l’anglais et qui veut dire « agriculture permanente ». Il s’agit de cultiver un espace en respectant la terre, les hommes, et en appliquant le partage équitable des ressources et des bénéfices. Inspirée par la nature elle-même, la permaculture est une véritable philosophie de vie et s’inscrit dans une démarche éthique et durable.
Quand et par quoi commencer ?
La préparation de votre potager en permaculture peut commencer à n’importe quelle période de l’année, bien que les meilleurs moments pour débuter soient le printemps et l’automne : le printemps pour commencer à planter et semer ; l’automne pour enrichir et préparer le terrain pour l’année suivante. En effet, le sol est plus chaud et plus humide en ces deux saisons, et cela est indispensable pour une culture qui fonctionne.
- Avant d’entamer des aménagements dans votre jardin, il est important d’observer votre terrain : c’est l’un des fondements de la permaculture. Vous devez vous poser quelques questions avant d’attaquer : quel endroit serait le mieux ensoleillé pour mes cultures ? Y a-t-il une source d’eau à proximité ? Puis-je récupérer les eaux de pluie ? Comment vais-je disposer mes plantations selon les espèces ? Pourquoi ne pas installer un bac à compost ?
- Ensuite il convient d’utiliser des matières et matériaux locaux. Par exemple, utiliser des graines ou des plants provenant de la pépinière du coin ou du marché. En plus de développer l’économie locale, vous cultivez des produits adaptés au climat de votre région et votre type de sol. Vous pouvez également vous rendre dans un haras ou un centre d’équitation à proximité de chez vous pour récupérer du fumier ou encore chez un agriculteur pour vous procurer de la paille.
- Il faut aussi planifier vos cultures, savoir quand il faut semer ou planter au cours de l’année, définir les variétés qui composeront votre potager. En permaculture, la biodiversité est encouragée. N’hésitez pas à diversifier vos plantations, c’est bon pour le sol. Effectivement, cela repousse les nuisibles et limite les risques d’infestation ou de maladie, cela permet d’aérer le sol et le rendre plus fertile, mieux irrigué et plus riche en nutriments.

Pourquoi choisir de ne pas travailler le sol ?
En permaculture, on peut choisir de labourer le terrain qui accueillera les cultures ou de ne pas travailler le sol. Nous avons choisi d’opter pour cette seconde option. Pourquoi ? Parce que le non travail du sol permet de respecter la vie de la terre et son écosystème. De plus, il y a moins d’efforts à fournir sur le long terme car votre potager vous demandera moins d’entretien et de travail une fois installé. Vous réduisez aussi les besoins en eau et en engrais grâce à des méthodes naturelles. Le sol est fertile et assure la préservation de la biodiversité et de la faune locale.
Concrètement, que dois-je faire au potager si je fais de la permaculture ?
Vous avez mis vos gants et vos bottes, vous êtes prêt à travailler dans votre jardin. Alors allons-y ! Tout d’abord, si votre sol est recouvert de (mauvaise) herbe, recouvrez le terrain de cartons ou de bâches épaisses type d’ensilage que vous pourrez trouver chez des éleveurs aux alentours de votre lieu de résidence. L’occultation de la lumière permettra de désherber sans avoir à retourner ni déstructurer votre terre, mais aussi de la réchauffer. Laissez les cartons en place durant un ou deux mois, selon l’avancée de cette étape. Si votre sol est sain et meuble, passez cette phase. Pour la suite, il y a de nombreuses méthodes à appliquer en permaculture. Pour vous qui débutez, nous avons choisi de vous en expliquer deux : la culture en lasagnes, et le mulch.
► La culture en lasagnes
La culture en lasagnes est très populaire en permaculture. Cette technique est parfaitement adaptée aux débutants car elle nécessite peu d’effort, elle préserve le sol et elle est rapide à mettre en œuvre. Les matières organiques conservent l’humidité dans la terre, ce qui limite le recours à l’arrosage. De plus, les lasagnes limitent également la repousse des mauvaises herbes. Comme son nom l’indique, il s’agit de superposer différentes couches de matériaux pour alimenter la terre et nourrir les plantations.
On commence par déposer une couche de matière brune carbone, composées de feuilles mortes, de copeaux de bois ou encore de cartons propres. Ces matières nourrissent les micro-organismes qui les décomposent tout en aérant le sol et en répartissant les nutriments. Puis on ajoute une seconde couche, cette fois-ci verte et azotée : épluchures de légumes, déchets de tonte fraîche de gazon, fumier de cheval par exemple. L’azote nourrit les plantes et contribue à leur croissance. Puis on continue par une seconde couche de végétaux bruns et une nouvelle couche de matière azotée. Enfin on recouvre le tout avec un mélange de terreau et de compost. Chaque couche doit être copieusement arrosée avant d’ajouter la couche suivante. Pour finir, installez une couche de paillis. Il n’y a plus qu’à laisser toutes ses matières se décomposer et nourrir le sol pendant deux à trois semaines, avant de planter nos légumes. Concernant l’entretien, pensez à rajouter des couches une à deux fois par an pour enrichir le sol lorsque celui-ci s’est tassé.
► Le mulch
Le nom anglais « mulch » désigne tout simplement le paillage de votre plant de culture. Pas de travail du sol, pas de préparation de la terre avant d’accueillir les plants, rien de plus simple ! La technique du paillage, qui reprend la dernière étape de la culture en lasagnes, permet de priver de lumière les mauvaises herbes, de conserver l’humidité du sol autour des plants, de protéger le sol des intempéries et de fertiliser le sol au fur et à mesure de sa décomposition. Rien de mieux pour les débutants. Pour désherber sans effort avant de planter, vous pouvez couvrir la zone de cartons. Lorsque la terre est dégagée, effectuez vos plantations, puis appliquez une couche de paillis. Il peut être fait de paille, mais aussi de feuilles mortes, de copeaux de bois, de foin ou de déchets de tonte de gazon. Et c’est tout ! Une à deux fois par an, lorsque le paillis se décompose, veillez à le réajuster autour de vos plants. Il n’y a plus qu’à récolter vos légumes, votre sol est enrichi et fertile, vous utilisez des matériaux écologiques et économiques, le cœur même de la permaculture.

Pour aller plus loin sur la permaculture
Ici, nous vous proposons quelques conseils complémentaires pour perfectionner vos techniques de jardinage :
- Vous pouvez vous poser certaines questions de manière à améliorer votre production de légumes et de petits fruits. Voici des pistes à explorer : pourquoi ne pas réaliser d’autres lieux de culture en fonction des légumes qui préfèrent l’ombre plutôt que l’ensoleillement toute la journée ? Ou comment agir au potager lors des étés caniculaires ? Il est préférable d’arroser tôt le matin ou en fin de journée pour ne pas gaspiller l’eau. Vous avez aussi la possibilité d’installer des oyas pour continuer à limiter l’arrosage, en privilégiant un système de goutte-à-goutte.
- Il y a des plantes qui s’associent bien… ou pas ! N’hésitez pas à vous renseigner sur le compagnonnage pour réduire les attaques de nuisibles et les maladies.
En résumé, la permaculture est tout à fait accessible si vous souhaitez aménager un potager de manière facile et durable. Les techniques les plus simples s’offrent à vous, comme la culture en lasagnes et le mulch. Sans labour pour ne pas détruire la structure de votre sol, vous pouvez réaliser des cultures sans effort et à moindre coût. Vous l’aurez compris, la permaculture n’est pas qu’une technique de jardinage mais un véritable mode de vie, un esprit tourné vers le respect de la terre et de ceux qui la cultivent.
Aurore Schwartz

