Prix Femina 2020 : Serge Joncour

Malgré une actualité des prix littéraires des plus troublées, le prix Femina 2020 a été décerné à Serge Joncour pour son roman Nature humaine, ce lundi 2 novembre.

Prix Femina 2020 : Serge Joncour - Le blog du hérisson
Serge Joncour ©Alain Jocard / AFP

Prix Femina 2020

En soutien aux libraires actuellement fermés en raison du contexte sanitaire, de nombreux prix littéraires ont choisi de repousser leurs annonces. Les enjeux sont, en effet, de taille pour les lauréats et leurs éditeurs. Exposition médiatique ou en tête de gondole, bordereaux identifiables : ces récompenses ont tendance à faire grimper massivement les ventes de leurs récipiendaires. Surtout dans cette période précédant les fêtes de fin d’année.

Composé d’un jury exclusivement féminin, le prix Femina se distingue une fois de plus en choisissant de ne pas suivre la mouvance. Pour rappel, celui-ci fut créé en 1904 par les collaboratrices du mensuel féminin La Vie heureuse (aujourd’hui disparu) en réaction au prix Goncourt, qu’elles jugeaient misogyne. Cette année, ses membres ont décidé de conserver leur calendrier estimant qu’une telle distinction « constitue un acte de soutien capital à tous les acteurs de la chaîne du livre, éditeurs, libraires et auteurs qui, en ce moment, résistent par tous les moyens aux circonstances contraires. ».

Lundi 2 novembre, le jury a ainsi attribué les récompenses suivantes :

  • Prix du roman français : Serge Joncour pour Nature humaine (Flammarion)
  • Prix du roman étranger :  Deborah Levy pour Le Coût de la vie et sa suite Ce que je ne veux pas savoir (Éditions du sous-sol)
  • Prix de l’essai : Christophe Granger pour Joseph Kabris ou les possibilités d’une vie (Anamosa)
  • « Prix spécial du jury » : Charif Majdalani pour Beyrouth 2020 (Actes Sud).

Serge Joncour et sa “Nature humaine”

Succédant à Sylvain Prudhomme, Serge Joncour devient l’heureux lauréat du Prix Femina 2020 pour son roman Nature humaine. Publié chez Flammarion, celui-ci dépeint une fresque rurale du Sud-Ouest de la France, à l’aube du XXIème siècle.

Décembre 1999, dans le Lot. Tandis qu’une tempête ravageuse s’abat sur la France, Alexandre se trouve retranché dans sa ferme familiale. Plus inquiet de l’arrivée des gendarmes que de l’intempérie, il se remémore les trois dernières décennies qui ont mené à la perte du milieu dans lequel il a toujours évolué.

Dans ce roman, Serge Joncour questionne les liens entre l’Homme et la nature, l’effondrement du monde paysan et les bouleversements successifs de la société française en cette fin de XXème siècle. Autant de thématiques qui résonnent avec l’actualité ponctuée de catastrophes successives dans un contexte de crise sanitaire mondiale. En explorant la nature humaine prise dans les travers de la modernité, le romancier remet en cause celle-ci. Nous dirigeons-nous vers notre propre chute ? Qui sont les responsables ? Pouvons-nous encore renouer avec la nature et nos racines profondes ? Une réflexion intéressante sur fond d’événements politiques entre histoires d’amour, espoirs et désillusions.

Après Chien-loup, récompensé du prix Landerneau en 2018, Serge Joncour revient pour nous conter une histoire familiale sur un thème qui lui est cher : la ruralité. Né à Paris en 1961 et originaire lui-même d’un milieu paysan, il publie son premier roman, Vu, en 1998. Depuis, il s’illustre en tant que scénariste et auteur. Il a notamment écrit le scénario du long-métrage Elle s’appelait Sarah (2010) et a remporté le Prix Interallié en 2016 pour Repose-toi sur moi.

Et vous, que pensez-vous de ce prix Femina 2020 ? Nature humaine de Serge Joncour le méritait-il ?

Mélodie Julienne

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