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Violences sexuelles : un sujet majeur

Les violences sexuelles désignent tout acte ou propos portant atteinte au consentement sexuel d’une personne, il s’agit d’un sujet sociétal majeur. En quoi parler ouvertement des violences sexuelles est une priorité absolue ? C’est ce que nous allons essayer d’étayer dans cet article.

Violences sexuelles : un sujet majeur - Le blog du hérisson

Violences sexuelles : le tabou de l’inceste

Si il y a bien un interdit universel et parallèlement un scandale obscur (rare mais pas assez) qui se poursuit dans la plus grande des omertas : c’est bien l’inceste ! En effet, à ce jour, 10 % des français ont été victimes de ce drame absolu dans leur jeunesse ; derrière cette statistique largement préoccupante se cache un lourd sujet de société aux mécanismes aussi pervers que complexes.
Les victimes de ce désastre subissent souvent des pressions de leur famille lorsqu’elles parlent de ce qui leur est arrivé : souvent on ne les croit pas, parfois même on les ostracise du cercle familial. Encore aujourd’hui, l’environnement familial n’est que rarement soutenant et safe envers les victimes.

L’inceste en quelques chiffres ça donne à peu près cela :

  • 70 % des dépôts de plaintes sont classés sans suite ;
  • 160 000 enfants en sont victimes chaque année ;
  • être un.e enfant en situation de handicap accroît de 2,9 le risque d’être victime, et de 4,6 en cas de déficience intellectuelle ;
  • 96 % des auteurs sont des hommes ;
  • le hashtag metooinceste a obtenu 80 000 témoignages en deux jours, c’est un chiffre très parlant ;
  • généralement, les victimes commencent à parler de leur traumatisme seulement après l’âge de 16 ans ;
  • les statistiques sont très élevées en psychiatrie ;
  • les filles sont plus souvent victimes d’inceste ; parmi les victimes de violences sexuelles avant l’âge de 18 ans, 35,7 % des femmes ont été agressé par un membre de leur famille contre 21,6 % des hommes.

Le profil psychologique des auteurs d’inceste peut ressembler à cela :

Il peut s’agir d’un père dominateur, tyrannique et rigide, mais qui paradoxalement, peut tout à fait être effacé à l’extérieur du foyer familial ; ce sont souvent des hommes immatures qui peuvent rejeter la faute sur l’autre (prétendre que c’est de la faute de leur conjointe qui n’a pas su les arrêter), avoir des pensées permissives et délirantes (des pensées de type ce n’est pas si grave d’agresser un enfant) ; on retrouve un climat incestuel précédant le passage à l’acte (un manque d’intimité entre le parent et l’enfant, le parent peut prendre sa douche la porte ouverte et demander à l’enfant de faire de même) ; le parent pervers est contrôlant et intrusif, sans compter qu’on peut retrouver des tendances paranoïaques chez ce genre d’individus (ce qui donne une famille très renfermée sur elle-même, qui vit de façon très étrange, la victime peut mettre du temps à comprendre qu’il y a un très grave problème dans la famille) ; souvent le père abuseur fait également peur à la mère et peut lui faire vivre des violences morales voir des abus physiques. L’auteur d’inceste peut tout à fait être une personne qui semble être au-dessus de tout soupçon, qui s’est construit un masque qui le rend insoupçonnable, et qui peut avoir une situation sociale même très privilégiée !

Les conséquences de l’inceste sur les victimes peuvent être extrêmement lourdes et le chemin de la reconstruction est souvent très long et très difficile: absence de confiance en soi, dépression, anxiété, troubles de la personnalité, stress post-traumatique, automutilation, suicide, addictions, douleurs chroniques, comportement sexuel inapproprié à l’âge de l’enfant, hypersexualité ou au contraire dégout de la sexualité… sont autant de conséquences non-exhaustives que les victimes continuent à subir souvent longtemps au cours de leur vie.

Une réalité patriarcale

C’est grâce au féminisme si aujourd’hui on parle de plus en plus de violences sexistes et sexuelles : c’est un fait ! Plus précisément, on doit cela au hashtag metoo et à sa version francophone balancetonporc, deux hashtags nés en 2017. Et pour cause, ces délits et ces crimes sont avant tout des faits d’hommes, notamment des faits d’homme envers les femmes (mais aussi envers les enfants).

Ces violences sexuelles touchent toutes les sphères de la société (ce qui montre la complexité du patriarcat et comment ce dernier a infiltré la société toute entière), le harcèlement sexuel désigne des propos ou des comportement à connotation sexuelles, une agression sexuelle désigne quand à elle tout acte de nature sexuelle non consenti, ces deux concepts forment la catégorie étanche des violences sexuelles. En voici quelques exemples (il est également pertinent d’évoquer des violences qui ne sont pas directement sexuelles) :

  • un féminicide désigne un meurtre commit sur une femme précisément parce qu’elle est une femme : 134 féminicides ont été commit en France en 2023.
  • 1 femme sur 2 a déjà subi une violence sexuelle.
  • dans 91 % des cas des violences sexuelles, les femmes connaissent leur agresseur.
  • 1 femme sur 6 fait son entrée dans la vie sexuelle par un rapport non consenti (souvent avant 15 ans).
  • 80 % des femmes handicapées ont été victimes de violences, elles sont 4 fois plus à risque de subir des violences sexuelles que les autres femmes.
  • 75 % des agressions islamophobes concernent les femmes musulmanes.
  •  85 % des personnes transgenres seront agressées au cours de leur vie (la transmisogynie désigne une discrimination propre aux femmes trans).
  • 213 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles par leur conjoint ou  ex-conjoint chaque années.
  • un viol ou une tentative de viol a lieu toutes les 2 min 30.
  • dans la moitié des cas de pédocriminalité, l’agresseur est une personne de la famille directe ou élargie de l’enfant.
  • Longtemps extrêmement tabou, le voile se lève lentement mais sûrement sur ces violences ancrées de façon certaine dans un système patriarcal millénaire.

Parler des violences sexuelles est une priorité absolue car il s’agit d’un sujet sociétal majeur : les chiffres et les donnés étayés dans cet article en sont une claire démonstration. Petit à petit, la honte change enfin de camp, mais le chemin est encore loin d’être abouti !

Victoire Jouffre

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