Fausse couche précoce : une douleur silencieuse
Chaque année, on compte plus de 30 millions de fausses couches dans le monde. 10 à 20 % des arrêts spontanés de grossesse surviennent au cours des douze premières semaines. Lorsque la fausse couche précoce a lieu avant la huitième semaine de grossesse, elle passe inaperçue et est ressentie comme une douleur silencieuse et invisible ou sourde.

Qu’est-ce qu’une fausse couche précoce ?
Avant toute chose, il est important de définir la notion de fausse couche précoce intra-utérine ?
Pour faire simple, on appelle fausse couche précoce : l’interruption de grossesse, suite à l’expulsion spontanée du tissu embryonnaire avant la douzième semaine d’aménorrhée, soit la dixième semaine de grossesse. Si au moment de la nidation l’embryon ne parvient pas à s’implanter correctement ou si une anomalie chromosomique est détectée, alors, le corps réagit comme un bouclier et rejette l’embryon hors de l’utérus.
Une fausse couche précoce est souvent en lien avec l’âge avancé de la future mère ou dû à des antécédents médicaux, mais il existe aussi des cas de figure inexpliqués.
Fausse couche et dépression
Peu importe quand la fausse couche survient, la finalité reste la même. Le corps subit des changements hormonaux et physiques. La tristesse et la déception peuvent laisser place à une douleur psychique voire même se transformer en dépression. L’entourage et le corps médical ont tendance à la minimiser. La banalisation de l’interruption spontanée de grossesse précoce rend plus difficile le dialogue. Dans 90 % des cas, les femmes n’osent pas en parler et cela devient très compliqué psychologiquement. Elles subissent une pression sociale et continuent le cours de leur vie sans que personne n’y prête attention. Il est donc important de se rapprocher des professionnels de santé pour mieux être guidée tout au long et lourd processus qui affecte la santé mentale et physique de la femme.
► Suivi médical et psychologique
Dans certains cas rares, comme dans le cas de l’interruption de grossesse involontaire à répétition, de nombreuses femmes sombrent dans une sorte de dépression et si de surcroît elles n’ont jamais eu la chance de connaître les joies de la maternité, elles risquent de sombrer dans une détresse psychologique.
Leur état se dégrade, les recours à l’insémination artificielle et à la PMA sont alors de plus en plus prescrits aux femmes âgées de plus de 35 ans qui ont des difficultés à procréer et qui n’arrivent pas à tomber enceintes naturellement.
Dans ce cas de figure, il est indispensable d’avoir un suivi médical et psychologique pour accompagner ces femmes et les aider à se reconstruire.
Raisons des interruptions de grossesse spontanées
Certaines études montrent que le taux de natalité en France est en chute libre. Ceci est dû à la stérilité qui touche de plus en plus d’hommes et de femmes. Notre fertilité est-elle menacée par notre mode de vie moderne ?
► Raisons physiologiques
Dans notre nouveau système économique, les couples en âge de procréer mettent en priorité leur carrière, les grossesses sont par conséquent de plus en plus tardives. De nombreuses analyses ont révélé que l’âge tardif de la conception d’un bébé affecterait la qualité des ovocytes de la future maman. C’est l’une des premières raisons qui pourrait expliquer l’augmentation de fausse couche précoce.
► Raisons liées à notre nouveau mode vie
D’autres raisons des interruptions de grossesse spontanées sont mises en cause.
Il a été constaté que les infections, les maladies chroniques et les troubles hormonaux étaient responsables de 70 % des cas de fausses couches.
Viendrait s’ajouter une nouvelle cause de notre société moderne : notre nouveau mode de vie.
Des études ont prouvé qu’il existait un lien entre les fausses couches et les produits d’hygiènes du quotidien, utilisés. En effet, certaines compositions des produits de cosmétique considérées à risque pour le fœtus ont été pointées du doigt par les spécialités. La présence de perturbateurs endocriniens, de substances chimiques et d’huiles essentielles toxiques, ont une incidence sur la santé du fœtus allant jusqu’à provoquer des interruptions spontanées de grossesse.
Il est possible de prévenir certains arrêts de grossesse spontanés en faisant attention à son alimentation, vérifier les compositions chimiques des produits et avoir une vie saine, équilibrée et sans stress.
Malheureusement, il arrive que malgré tout, cela se produise même en respectant toutes les recommandations des professionnels de santé et en étant d’une grande vigilance.
Lorsque survient une fausse couche, il est important d’être bien entouré, mais aussi de pouvoir en parler et de ne surtout pas culpabiliser. Il ne faut pas que la fausse couche précoce reste un tabou et devienne une douleur silencieuse.
Dourra Gherbi

