La PNL, fonctionnement d’une thérapie brève

La programmation neuro-linguistique, plus connue sous l’acronyme PNL, a été créée en 1972 par John Grinder, professeur de linguistique, et Richard Bandler, mathématicien et psychothérapeute. Elle a pour ambition le changement comportemental par la reprogrammation du cerveau. Mais quels sont les principes et le fonctionnement de la PNL, considérée comme une thérapie brève ?

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La PNL : principes de base et fonctionnement

• Une thérapie comportementale

La programmation neuro-linguistique regroupe plusieurs méthodes empruntées notamment à la psychologie humaniste, la communication, l’hypnose et la gestalt-thérapie. Contrairement aux idées reçues, elle ne relève pas de la psychothérapie ni d’aucune technique de manipulation mentale. Cette pratique associe différentes méthodes de communication et de transformation de soi. Alors que la psychologie cherche à comprendre l’émergence d’un problème, la PNL se penche uniquement sur la manière de le résoudre. Elle a pour finalité le développement de soi, et l’atteinte des objectifs dans n’importe quel domaine. Elle est orientée vers la solution, et le praticien doit s’assurer du bien-être de la personne. Cette thérapie comportementale s’intéresse donc au fonctionnement d’un individu dans un environnement donné, et vise à modifier la perception de son propre cadre. Pour cela, elle s’appuie sur le conditionnement du patient, étudie sa réalité subjective, son encodage et observe ses modes sensoriels inhérents à son interprétation du monde.

• Les principales inductions de la PNL

La programmation neuro-linguistique s’adapte à différents contextes. Elle est utilisée dans le domaine professionnel, les relations interpersonnelles, l’accomplissement de soi, l’éducation, etc. Elle améliore la communication et amène l’individu à appréhender différemment certaines situations. Elle contribue également à enrayer ses croyances limitantes et négatives. Pour atteindre ces objectifs, elle utilise les présupposés. Ces derniers sont les fondamentaux de la PNL, et encadrent toute intervention en lui imposant une ligne directrice. Le cerveau intègre ces prédictions créatrices comme étant de nouvelles croyances positives, constructives et utiles au développement de la personne. Les principales inductions de la programmation neuro-linguistique sont les suivantes :

  • nous percevons le monde selon notre propre représentation interne ;
  • chacun possède toutes les ressources nécessaires pour changer ;
  • il n’y a pas d’échec, mais uniquement des expériences ;
  • derrière tout comportement se cache une intention plus ou moins consciente.

Prendre conscience de ses capacités permet à l’individu de développer sa confiance en soi. Elle favorise une collaboration plus fluide et efficace, tout en adoptant une certaine résilience au stress. L’intelligence émotionnelle est également impactée de manière positive, entraînant une meilleure assertivité et une plus grande motivation.

• La consultation : une expérience d’autoconscience

Le client qui consulte pour des séances en PNL arrive en général avec une problématique spécifique. Il souhaite passer de son état actuel à un état désiré, soit son objectif. Le travail du praticien est d’accompagner la personne dans la résurgence de son potentiel. Il amène le patient à trouver des capacités internes encore inconscientes ou oubliées. Pour cela, il définit son mode sensoriel privilégié (visuel, auditif, kinesthésique) en observant notamment son non-verbal. Cette méthode lui permet  de rester en conscience externe et d’adapter son mode de communication à celui de l’individu. De plus, il tente de créer un lien de confiance en utilisant la synchronisation. Cette technique s’apparente à un mimétisme comportemental utile pour que la personne se sente à l’aise. Suite au premier entretien, le spécialiste parvient à définir quels outils utiliser pour l’aider. Son intervention reste de l’ordre de l’accompagnement puisqu’il amène son client vers l’autoconscience. Celui-ci peut alors trouver par lui-même les ressources nécessaires à l’atteinte de son objectif. Ce processus peut nécessiter plusieurs consultations. Cependant, la PNL réside en une thérapie brève qui ne s’étale en général que sur quelques séances, et ne peut se substituer à la psychothérapie.

Le changement comportemental : exemple de techniques utilisées

• L’ancrage et l’annulation d’ancre

L’ancre est une association entre un stimulus et un état spécifique. Elle peut être associée à des expériences vécues. Par exemple, une musique peut raviver un moment triste ou agréable. Le son de celle-ci agit donc comme un déclencheur de certaines sensations. En PNL, faire un ancrage revient à reprogrammer le mental. Ce processus aide l’individu à passer d’un état limitant à un état aidant, appelé également « état ressource ». Ainsi, lorsqu’un événement déclencheur se produit, la personne active son ancre par le mode sensoriel choisi, modifiant alors sa réaction. Inversement, la programmation neuro-linguistique permet de neutraliser un comportement inadéquat par l’annulation d’ancre. La modification passe par la désactivation d’un schéma négatif en créant une charge émotionnelle positive plus puissante.

• Le changement d’histoire personnelle

Cette technique prend son origine dans le modèle thérapeutique basé sur la régression en âge, principalement utilisée en hypnose. Elle vise à identifier précisément le comportement inadéquat et l’émotion négative reliés à celui-ci. Par la suite, le praticien en PNL remonte la ligne du temps afin de retrouver la cause originelle de ce sentiment. L’objectif est de modifier la perception des événements ayant suscité un schéma comportemental récurrent. Pour cela, le spécialiste amène l’individu à revivre ses expériences tout en y transportant les ressources choisies au préalable. Le nouvel encodage réactualise alors les événements passés, et modifie le comportement problématique. Cependant, la technique du changement d’histoire personnelle ne doit pas aller fouiller au-delà de l’enfance. En effet, les traumatismes reliés à cette partie de la vie relèvent davantage de la psychologie. Le praticien a donc la responsabilité de ne pas dépasser son champ de compétences.

• Le recadrage de contenu et de contexte

Penser d’une certaine manière génère des résultats similaires. L’individu doit donc modifier sa façon de percevoir les choses. Cela s’appelle le recadrage de contenu. Cette méthode définit un espace problème et un espace solution. Pour passer d’une structure à une autre, le praticien amène son client vers un changement de perspective. Le procédé vise à conserver le cadre de la situation tout en changeant la signification du contenu, soit l’expérience vécue. La personne, faisant une distorsion de sa réalité, doit parvenir à reconsidérer un comportement et définir la valeur positive de celui-ci. Le recadrage de contexte, quant à lui, se base sur le principe que tout comportement a son utilité dans certaines situations. Cette méthode permet d’adapter les réactions aux environnements appropriés.

Tous ces outils d’intervention sont loin d’être exhaustifs. En effet, aucune procédure standardisée n’existe, et différents modèles sont utilisés. Cependant, dans la plupart des techniques, la base fondamentale reste la création du rapport avec son interlocuteur.

La PNL : une pratique controversée

• Un manque d’études scientifiques

Depuis sa création, la programmation neuro-linguistique reste une pratique controversée. De nombreux scientifiques s’insurgent en l’associant aux pseudo-sciences, et dénoncent une potentielle dérive sectaire. Cette idée s’impose comme l’un des arguments principaux de ses détracteurs. Cependant, cette discipline ne répond à aucun des critères officiels sur lesquels certaines commissions d’enquêtes s’appuient pour définir une secte. Par exemple, la PNL favorise la communication et tend à améliorer les relations interpersonnelles, alors que le sectarisme met l’individu en position de rupture sociale. Elle est également reconnue comme étant une thérapie brève, et non comme un embrigadement à long terme. De plus, les critiques déplorent le manque d’études scientifiques prouvant son efficacité. En effet, face à l’engouement général dans les années 70, ses concepteurs l’ont rendue accessible au public assez rapidement. Elle a donc été démocratisée, et même commercialisée, sans être validée par des études scientifiques officielles et complètes. En procédant de cette manière, les pères de la PNL ont transgressé un code déontologique propre à la communauté universitaire, la faisant ainsi tomber dans l’illégitimité. Cependant, cet obstacle n’a pas empêché l’expansion de cette discipline, même si celle-ci souffre encore de préconceptions.

• La PNL : un réseau informel

Aujourd’hui, le problème de la programmation neuro-linguistique réside dans sa désorganisation. Bien que certains psychologues l’intègrent dans leurs thérapies,  cette discipline reste développée par un réseau informel de personnes passionnées par le sujet. La PNL est en pleine croissance à travers le monde, mais il n’existe actuellement aucun ordre professionnel pour l’encadrer. Étant donné qu’aucun consensus officiel ne fixe les standards de la programmation neuro-linguistique, la question de la valeur des formations se pose. En effet, aucun contenu officiel ni cadre juridique n’ont été approuvés par des instances légitimes. Pourtant, tout enseignement débouche sur une certification, et il existe plusieurs niveaux de pratique. La PNL s’auto-régule, et certains organismes s’affilient même à des associations professionnelles sérieuses reconnues par l’État. Ils doivent alors répondre à des critères de qualité élevés. À présent, quelques pays ont commencé à valoriser la discipline. En France et en Grande-Bretagne, elle apparaît dans des programmes universitaires. En Australie, la qualification est reconnue par le gouvernement. En Amérique du nord, la formation est donnée par des organismes privés. Sous certaines conditions, les praticiens certifiés possèdent même le droit d’émettre des reçus pour les assurances santé.

Au fur et à mesure des années, la PNL s’est démocratisée et a gagné en popularité. Afin de rester en constante évolution, elle s’appuie sur de récentes recherches comme la métacognition. Cependant, cette thérapie brève ne certifie pas le fonctionnement systématique des interventions. En explorant l’expérience subjective et comportementale de l’individu, elle ne s’intéresse pas à l’origine réelle du problème. Cette pratique efficace pour le développement personnel ne doit donc pas être confondue avec une psychothérapie. Vous pouvez l’essayer, mais en toute conscience !

Cindy Badier

La PNL, une méthode pour pouvoir changer (Programmation Neuro-Linguistique)

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