La Tante Arie, mère Noël de Franche-Comté

À l’approche des fêtes de fin d’année, impossible de passer à côté du Père Noël. Mais connaissez-vous la Tante Arie, la mère Noël de Franche-Comté ? Elle n’existe qu’au nord de la région, plus précisément dans le Pays de Montbéliard. Découvrez cette légende propre à la Franche-Comté, encore présente lors de leurs célèbres marchés de Noël.

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Différentes représentations de la Tante Arie

La Tante Arie, les origines de la légende

Plusieurs versions s’affrontent pour déterminer l’origine de la légende de la Tante Arie. La plus probable d’entre elles remonte au temps où Montbéliard était un comté du Saint-Empire Romain Germanique, sous la domination des Wurtemberg.

La princesse de Wurtemberg, Henriette, à la mort de son mari en 1419, régna alors sur le Comté de Montbéliard. La fin de son règne fut marquée par sa bonté et sa générosité pour ses sujets. C’est à sa mort , en 1444, que commença la légende de la tante Arie.

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Le château des Wurtemberg à Montbéliard

Bienfaitrice du Pays de Montbéliard

La légende locale a fait de la tante Arie, la réincarnation de la comtesse Henriette de Wurtemberg. Une bonne fée protectrice et bienfaitrice des habitants du Pays de Montbéliard. Les cheveux gris, le visage éternellement jeune, vêtue en paysanne, habillée d’un câle à diairie (bonnet qui couvre le chignon). Avec son âne Marion, elle sillonne le Pays Comtois, frappant aux portes pour éprouver l’hospitalité et le dévouement des habitants du comté.

Aux habitants les plus travailleurs et économes les récompenses (fruits, légumes, or), aux autres sa réprobation. Même les couturières sont scrutées par Tante Arie. Aux plus appliquées et vertueuses d’entre elles, elle promet un bon mari et une bourse remplie d’or !

Ce n’est qu’au XIXe siècle que sa légende s’étoffe, et qu’elle devient une bonne fée récompensant les enfants sages. Toujours accompagnée de son fidèle âne, elle distribue les cadeaux et les friandises aux plus sages d’entre eux et les bonnets d’ânes aux plus turbulents. Les enfants l’aiment et la craignent à la fois, à l’image de la Befana, la bienfaitrice italienne. Elle est, pour les habitants et les enfants de la région, un substitut à Saint Nicolas (fêtez en Lorraine et dans le Grand Est).

• Offrandes pour la Tante Arie

Au moment de Noël, les familles disposent, pour chaque enfant, un petit autel en allumant autant de cierges que l’âge de l’enfant. Celui-ci est rempli de bonbons et de gâteaux, un peu à l’image du sapin de Noël. Devant l’autel sont placés les sabots dans lesquels Tante Arie laisse son présent, ainsi qu’un peu de foin pour l’âne Marion. Elle parcourt le Comté de Montbéliard le soir du 24 décembre avec son âne chargé de cadeaux (biscuits, noix, fruits, etc.). Les enfants ne la voient pas, mais l’entendent au tintement de son âne. Un peu comme les rênes et le Père Noël.

• La grotte de la Tante Arie

La Franche-Comté est connue pour abriter de nombreuses grottes (merci à la chaîne du Jura !). La Tante Arie y réside dans l’une d’entre elles, du côté de Blamont, sur les balcons du Lomont. On lui murmure via la grotte qui elle doit récompenser ou au contraire “châtier”. Marcel Richardot, poète franc-comtois, écrivit ces quelques lignes sur la Tante Arie et le fameux Père Noël : “Dès que la bonne tante finit son travail idéal, elle a dans sa grotte chantante des instants de douce détente avec le bonhomme Noël”.

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La grotte de la Tante Arie à Blamont

La légende aujourd’hui

Elle fait toujours partie des traditions locales ! À l’occasion du célèbre marché de Noël de la ville de Montbéliard (5ᵉ au concours européen du plus beau marché de Noël), vous pourrez la rencontrer au chalet de la Maison de la Tante Arie. En présence également du père Noël, où elle distribue des friandises aux enfants sages. L’occasion d’aller découvrir le nord Franche-Comté, riche en paysages et en légendes. Le Pays de Montbéliard, longtemps sous domination germanique, en a gardé une partie de son folklore.

Virginie Le Gal

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