Le chant des plantes : découvrez le secret

Un géranium qui pousse la chansonnette, un concert de musique botanique de fougères ou la mélodie harmonieuse d’une glycine ? Non, nous ne sommes pas dans un film de science-fiction, ni dans un épisode des Bisounours. Nous sommes dans les Landes, à Gaujacq, où Jean et Frédérique Thoby font chanter les plantes. Ces amoureux des végétaux nous plongent dans le monde musical des fleurs et des plantes. Mais comment les plantes font-elles pour chanter ? Qu’est-ce que ces mélodies botaniques nous apprennent-elles sur nos plantes vertes ? Découvrez le secret du chant des plantes et en musique, s’il vous plaît !

Le chant des plantes : découvrez le secret - Le blog du hérisson

Un couple landais fait chanter les plantes

Jean et Frédérique Thoby sont propriétaires de leur jardin botanique depuis 1993. Ils cultivent dans leur havre de paix des plantes et des arbres du monde entier depuis des décennies. Ils y font également toutes sortes de recherches scientifiques. Ils étudient par exemple l’adaptation des plantes au changement climatique, ou bien encore les cultures biologiques pour les produits cosmétiques bio. Leur domaine de recherche le plus étonnant est sans aucun doute celui sur les vibrations émises par les plantes. En effet, depuis plusieurs années, le couple explore les vibrations électriques de toutes sortes de plantes dans leur pépinière botanique.

« Musiniéristes », c’est ainsi qu’ils se sont eux-mêmes baptisés. Ce néologisme désigne les personnes qui cultivent les plantes pour faire des recherches sur leur chant et écouter leur musique. Jean et Frédérique Thoby organisent dans leur pépinière toutes sortes rencontres, ateliers autour du chant des plantes et … des concerts botaniques. Explications…

Des ondes électriques transformées en musique

Nous le savions déjà : le corps humain est parcouru de signaux électriques. Ceux-ci permettent, entre autres, l’acheminement des signaux venant de l’extérieur vers notre cerveau. Mais ce qui est bien moins connu, c’est que les plantes, elles aussi, émettent des vibrations électriques.

Avec l’aide de scientifiques, le couple de musiniéristes a mis au point un moyen qui leur permet de capter ces vibrations et de les transformer en musique. Pour cela, ils utilisent un appareil : un synthétiseur relié à deux sondes. La première sonde est placée au pied de la plante dans la terre afin qu’elle touche ses racines. La seconde est délicatement posée sur une feuille ou une fleur. Le synthétiseur va alors capter les vibrations et détecter les différences de polarité électriques entre les deux points. Cela va créer une ondulation que l’appareil va transcoder en sons. Le chant des plantes est donc une traduction sonore de leur activité électrique ! Il n’y a plus qu’à choisir l’instrument que l’on veut y associer et c’est parti pour une symphonie botanique !

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©Marion Balaÿ

Le chant des plantes : une indication de leur bien-être

• À chaque plante sa vibration

Selon les deux musiniéristes, il existe deux types de structures de sons dans les vibrations de chaque plante :

  • celle liée à son espèce : les plantes de la même espèce partagent donc des vibrations identiques ;
  • celle liée aux vibrations que la plante reçoit de l’extérieur : la plante émet une musique différente selon les activités de son environnement proche.

Le chant d’un camélia n’aura ainsi pas la même sonorité que celui d’un géranium, d’une fougère ou d’un hortensia. En associant plusieurs espèces de plantes, Jean et Frédérique Thoby créent des concerts philharmoniques botaniques d’une extrême richesse harmonique. 

Voici un petit aperçu de la musique d’un camélia enregistrée à la pépinière

• Les plantes ont des oreilles

Mais, me direz-vous, pour pouvoir réagir à son environnement, il faudrait déjà que la plante puisse entendre les signaux qui l’entourent, non ? Exactement ! Là encore, nous devons nous tourner vers la science. Selon une étude israélienne, les plantes seraient capables de capter les vibrations sonores autour d’elles et d’y adapter leur comportement. Le groupe de chercheurs de l’Université de Tel-Aviv a ainsi pu prouver par des expériences qu’une fleur peut produire 20 % de plus de nectar lorsqu’elle capte le bourdonnement d’une abeille à l’approche. Les plantes peuvent donc « entendre » leur environnement pour s’y adapter. Après avoir capté ce qui se passe autour d’elle, la plante modifie ses vibrations électriques et module ainsi son chant.

Voici quelques exemples des situations dans lesquelles le chant des plantes peut changer :

  • une personne passe ;
  • des gens parlent autour d’elle ;
  • il y a du mouvement à proximité de la plante ;
  • un oiseau ou un insecte arrive ;
  • la plante est arrosée ;
  • elle est mise au soleil ;
  • etc..

Une grande découverte pour la science et la musique

Jean et Frédérique Thoby travaillent avec des scientifiques de différentes nations. Grâce aux constatations du couple de Landais, les chercheurs font avancer les recherches sur le chant des plantes. Cette nouvelle science, appelée depuis plusieurs années la « phyto neurologie », est reconnue comme telle par la communauté scientifique.

D’après Frédérique Thoby, les harmoniques des plantes sont incroyablement proches des musiques classiques et baroques. Selon elle, les similitudes entre la musique des plantes et les musiques des grands compositeurs de ces époques, laissent à penser que les musiciens d’autrefois se seraient probablement laissé inspirer par la nature. Pour son mari, Jean Thoby, c’est une « grande découverte : la musique humaine n’est pas humaine, mais universelle et liée au monde végétal ».

Le rêve de pouvoir interroger ses plantes flétries sur leurs besoins sera peut-être bientôt à portée de main (ou du micro !). D’après Jean et Frédérique Thoby, le chant des plantes nous renseigne sur leur état, leur bien-être et leur humeur. Mais il reste encore un peu de chemin à parcourir à la science pour pouvoir déchiffrer ces mélodies florales et comprendre clairement les besoins de nos plantes.

Marion Balaÿ

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