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Le maloya, patrimoine national de l’île de La Réunion

Le maloya est à la fois une musique, un chant et une danse qui composent un patrimoine national de l’île de La Réunion. Depuis 2009, il est officiellement reconnu par l’UNESCO. Métissé dès l’origine, il a été créé par les esclaves d’origine malgache et africaine dans les plantations sucrières, avant de s’étendre à toute la population réunionnaise. A l’origine, le maloya était un dialogue entre un soliste et un chœur accompagné de percussions. Il prend aujourd’hui des formes de plus en plus variées, tant au niveau des textes que des instruments.

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Une reconnaissance laborieuse

Le maloya est désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité certifié par l’UNESCO, de même qu’il se joue et s’écoute partout et en tout temps. Sa reconnaissance laborieuse résulte d’une lutte de longue haleine. En effet, le maloya fut longtemps interdit par l’administration coloniale et il était donc pratiqué de façon clandestine et transmis dans le cercle familial. La simple détention de certains instruments de musique pouvait faire l’objet de réprimandes. Le maloya a progressivement conquis l’espace public à partir des années 1970 pour devenir un art et une expression majeure de l’identité culturelle et musicale de La Réunion.

Une musique ancestrale et identitaire

Chanté et dansé sur scène par des artistes locaux, le maloya est métissé avec le rock, le reggae, le jazz, de même qu’il inspire la poésie et le slam. Autrefois dédié au culte des ancêtres dans un cadre rituel, il s’est mué en chant de complainte et de revendication pour les esclaves. Au fil des dernières décennies, il est devenu une musique représentative de l’identité réunionnaise. Toutes les manifestations culturelles, politiques et sociales de l’île intense sont rythmées par le maloya, transformé ainsi en vecteur de revendications politiques. 300 groupes environ sont aujourd’hui recensés, dont certains artistes mondialement connus, et un enseignement musical spécialisé au Conservatoire de La Réunion lui est dédié.

Des instruments traditionnels

Musique traditionnelle de La Réunion, le maloya puise ses racines dans l’histoire et la terre de l’île. Ses instruments, fabriqués à la main, sont le reflet de cette authenticité. Le roulèr est un tambour fait à partir d’un tonneau recouvert d’une peau de bœuf tendue qui vibre au contact des mains du musicien. À ses côtés, le kayamb est l’autre instrument emblématique. Secoué latéralement pour produire un son sec et répétitif, il est tressé à partir de tiges de canne à sucre séchées remplies de graines. Le sati, plaque métallique, et le pikèr, morceau de bambou creusé, tous deux frappés d’une baguette, marquent les accents caractéristiques et les temps forts du maloya.

Danyèl Waro, le pape du maloya

Né Daniel Hoareau, Danyèl Waro (selon la graphie créole) est un musicien et poète qui promeut le maloya depuis une cinquantaine d’années. Initié par le pionnier Firmin Viry, le “petit Blanc des hauts” décide d’adopter ce blues de l’océan Indien aux racines africaines et malgaches. Le maloya fut longtemps méprisé car rattaché aux Cafres (Noirs descendants d’esclaves venus d’Afrique) et associé au servis kabaré, une cérémonie d’hommage aux ancêtres condamnée par l’Église. Devenu une des grandes voix de la scène réunionnaise, Danyèl Waro poursuit une carrière locale, nationale et internationale, voguant de festivals hexagonaux en tournées à l’étranger. Très engagé pour la pratique et la reconnaissance du créole, le pape du maloya chante les luttes, la culture et le métissage de la société réunionnaise.

Patrimoine national de l’île de La Réunion, le maloya franchit les frontières géographiques et musicales pour s’ouvrir à tous les styles. Incarné par des groupes traditionnels tels qu’Ousanousava et Ziskakan, puis métissé par des artistes comme Meddy Gerville ou Davy Sicard, il parvient aux confins de l’électro. Ludovic Navarre, alias St Germain, fameux DJ et musicien, nous offre une réjouissante version fusion de l’un de ses titres phares, Rose Rouge, avec la complicité de Terry Laird.

Georges Latchimy

→ Rose rouge (Terry Laird Nu Maloya Fusion Mix)

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