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La spiritualité : un moteur social

La spiritualité désigne une façon de vivre qui met l’accent sur l’immatériel, souvent associés à des croyances (en un dieu, en des énergies…), elle peut être vécue de façon religieuse ou non, quoiqu’on en dise il s’agit d’un véritable moteur social étant donné qu’un nombre croissant de citoyen.ne.s y adhèrent d’une façon ou d’une autre. Comment la spiritualité anime-t-elle la société ? C’est ce à quoi cet article va répondre.

La spiritualité : un moteur social - Le blog du hérisson

La spiritualité : une aide précieuse

La spiritualité peut se manifester par différentes pratiques, parmi celles-ci nous pouvons compter la méditation et la prière par exemple, ces deux disciplines ont des effets indéniablement positifs sur la santé psychique.

Une étude a permis de mettre en avant par exemple que la méditation permet à ses participants de mieux appréhender des situations potentiellement anxiogènes au cours de sa vie, elle réduirait également le cortisone (une hormone associée au stress). Et ce n’est pas tout, la méditation développerait également certaines zones cérébrales en lien avec l’empathie, la régulation des émotions, ou même la mémoire et la concentration. Cette pratique fortement corrélée au milieu spirituel (bien qu’il ne faille pas systématiquement l’y associée) présente donc des vertus reconnues par la science.
Quant à la prière, elle aurait des effets semblables à la méditation, avec en surplus une stimulation des zones du cerveau liées au langage ; les personnes priant quotidiennement décrivent un sentiment de paix, mais aussi une sensation corporelle de chaleur, la science a permis de démontrer que ce domaine est fortement en lien avec les circuits de récompense du cerveau (système indispensable à la survie).
Certaines études scientifiques mettent en avant plusieurs zones du cerveau humain qui prédisposent les êtres humains à avoir la foi !

De façon générale, la spiritualité peut se présenter comme un rempart important face aux défis de la vie (fin de vie, maladie…), ainsi certains EHPAD se renseignent sur les croyances de leurs résidents afin de l’intégrer au processus thérapeutique.

Tout ceci fait donc de ce domaine un moteur social puisqu’elle fait entrer ces croyances en interférence avec des défis quotidiens concrets.

La spiritualité : un sujet de conflit

Si dans des cas personnels la spiritualité peut être une clé et même outil de compréhension de soi, elle est aussi dans la sphère sociale un véritable enjeu (politique, sociologique…) et un sujet de conflit au sain du monde: afin d’offrir la meilleure neutralité possible, en France, c’est La Laïcité qui est en place, c’est à dire que l’État ne prend parti pour aucune religion, et c’est la science qui dicte les enseignements.

Pourtant la religion (qui reste une part majeure de la spiritualité) est un sujet de conflit toujours aujourd’hui ; dans le domaine politique, l’extrême-droite alimente la haine notamment envers les personnes musulmanes, dont pour les politiciens les plus virulents, la foi de cette religion serait incompatible avec les valeurs de la République ; sociologiquement, on constate souvent beaucoup de communautarisme autour des croyances spirituelles des différentes religions.

Dans la société, les mariages interreligieux par exemple, restent une véritable question pour beaucoup ; ceci démontre une chose, ces croyances personnelles ont un impact sur le réel, sur la société, au vue de l’importance que la spiritualité représente encore aujourd’hui pour beaucoup.

Hors religion, il existe également un sujet de discorde autour des questions spirituelles dans le domaine de l’enseignement scientifique et du médical : Magnétisme, kinésiologie, sophrologie, homéopathie, Reiki et consort, suscitent débats et passions : certains hôpitaux acceptent de recevoir ces praticiens, quand d’autres s’indignent de la présence de ces disciplines non avérées scientifiquement. Toutefois, même les hôpitaux qui acceptent la présence de magnétiseurs au sain de leur service, appuient surtout sur l’effet placebo de ce genre de pratiques, sans croire réellement aux idées promues par ces thérapeutes alternatifs.

Dérives sectaires

En écrivant un article sur ce sujet, nous sommes bien forcés de rappeler que la spiritualité représente un risque de dérive sectaire : une immense majorité d’organisations sectaires s’articulent autour de ces questions.

En effet un ensemble assez vastes de croyances que l’on pourrait regrouper sous le terme générique de New Âge (le New Âge désigne un courant spirituel né au XXe siècle qui prend racine notamment dans l’ésotérisme et puise certaines notions de religions orientales) présentent un véritable risque de ce genre de dérives.
Par exemple, ce genre de milieux se rapproche bien souvent des théories du complot et prônent des concepts psychologico-spirituels absolument invalidés par la science, pensons par exemple au concept d’enfant indigo qui représente un type de personne atypique dont la source de cette différence se trouverait dans l’explication métaphysique que cette personne serait à un niveau extrêmement évolué dans ses cycles de réincarnations ; ces personnes indigo sont en réalité souvent des personnes autistes, TDAH, Dys (dyslexiques, dyspraxiques, dyscalculiques…) qui auraient besoin d’un véritable diagnostic pour un accompagnement adapté à leur différence, les gourous se servent de la détresse de certains parents pour leur présenter ce concept flatteur d’enfants indigo ou encore enfants cristals pour manipuler ces parents pris au désarroi par la différence de leur enfant.

Si on s’en tient aux spiritualités religieuses (même si cela peut également concerner des courants ne se revendiquant d’aucune religions), certains courants semblent véhiculer des idées obsolètes, en désaccord avec les avancées actuelles : certaines personnes religieuses, de par leurs croyances, sont opposées au droit à l’IVG (encore largement menacé à travers le monde, les États-Unis en sont la preuve), au droit des personnes LGBTQIA+, ou encore au droit à l’euthanasie, et ont une opinion extrêmement conservatrice sur nombreux sujets bio-étique ; bien que cela soit sans doute disproportionnés de qualifier cela de dérive sectaire, nous pouvons néanmoins constater une rupture notable avec la société et les mœurs contemporaines. On peut encore une fois constater l’impact des idées personnelles sur le réel et sur le monde social.

La spiritualité anime la société car de nombreuses personnes en sont adeptes, cela a des effets positifs notamment à dimension individuelle (amélioration de la qualité de vie, meilleur gestion des émotions…) mais aussi des effets négatifs (dérives sectaires, décalage avec les mœurs actuelles…), il s’agit donc d’un véritable moteur social.

Victoire Jouffre

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