La Jeune Fille à la perle : un best-seller !

La Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier est un best-seller à lire ou à relire, à mettre entre les mains d’autres jeunes filles

La Jeune Fille à la perle : un best-seller ! - Le blog du hérisson

Résumé du roman La Jeune Fille à la perle

L’histoire se déroule à Delft, au XVIIème siècle, le Siècle d’or hollandais.

Griet est une jolie jeune fille réservée et sérieuse. Elle quitte à regret sa famille protestante qui s’est appauvrie après que son père a perdu son travail de faïencier en raison d’un accident de travail. Il est devenu aveugle. Elle est placée comme servante dans la famille bourgeoise, catholique, du célèbre peintre de sa ville, Vermeer. Avec déjà six enfants, les services d’une seule domestique ne suffisent plus.

Griet, courageuse, doit s’adapter à ce nouveau monde, travailler dur et faire face à différents aléas : ce cœur simple est jalousé tour à tour par la bonne déjà en place, par l’épouse du peintre, par une enfant de la famille… Elle est harcelée par le mécène, appréciée par son maître mais ce dernier n’est pas toujours très courageux pour la protéger. Elle participe infatigablement à la vie de la grande maisonnée et est bientôt chargée du nettoyage de l’atelier du peintre.

Sensible, elle est touchée par la peinture de son maître mais son statut l’enferme dans sa place d’employée de maison.

Après quelques années, Griet partira, mûrie par cette expérience, pour épouser par bienséance le boucher de son marché, amoureux d’elle. Confortée par sa mère de faire ce choix de raison, elle aura deux garçons.

Un roman historique

Ce roman est un merveilleux livre pour les amateurs de récits historiques.

L’histoire nous plonge dans l’Âge d’or de la Hollande du XVIIème siècle et nous laisse nous immiscer dans la vie du peintre de Delft, Johannes Vermeer.

Nous visionnons tous les tableaux de l’artiste au fur et à mesure que nous avançons dans la narration comme :

  • des scènes de la vie quotidienne à travers l’évocation des servantes récurant les cuivres par exemple ;
  • des portraits comme celui du mécène ;
  • des paysages comme les canaux de la ville.

Le dynamisme de la vie commerçante de la ville florissante de Delft est évoqué en toile de fond.

Des objets comme la camera obscura, le peigne en écaille ou encore l’argenterie de la table s’inscrivent comme des symboles de l’époque dans cette fresque.

Un roman psychologique

Ce roman est avant tout d’une grande finesse et c’est ce qui en fait sa force narratrice.

J’ai écrit ce livre parce que j’ai toujours été fascinée par le tableau de Vermeer La Jeune Fille à la perle. A quoi pense-t-elle ? Parfois, elle semble vouloir séduire, parfois elle paraît triste. Parfois on croit qu’elle a treize ans et d’autres trente ans. Je me demandais ce que Vermeer aurait bien pu dire ou faire pour qu’elle ait un tel regard. De cette interrogation est né ce roman. Tracy Chevalier.

Cette dualité, thème majeur du livre, s’inscrit partout dans le roman et reste le fil conducteur de l’architecture romanesque.

• Une fine analyse des rapports humains en duo, intemporels

Il y a sans cesse un jeu de dualités entre les personnages du roman : Vermeer et son épouse, Vermeer et sa belle-mère, Vermeer et son mécène, la servante âgée et la jeune domestique, une enfant et Griet…

L’ambivalence s’exprime avant tout entre le maître et la servante. Un fil ténu lie ces deux êtres portés par la beauté mais cette attirance est avortée par l’âge, le statut social, les convenances. C’est un amour mort-né.

• Le caractère ambivalent de chaque personnage

  • La fragilité de la jeune servante se transforme en force, face aux aléas de la vie.
  • Le peintre a des humeurs vagabondes : il peut être doux comme colérique.

• Des binômes intangibles

Des rapports indicibles ponctuent l’œuvre comme le lien entre le père de Griet, artisan, et le maître, artiste, ou encore lorsque la femme du peintre attend un enfant alors que Vermeer créé son œuvre.

• La coexistence de l’écrivaine et de son lecteur ou lectrice

Tracy Chevalier prend le parti de raconter l’histoire en laissant s’exprimer Griet à la première personne. Griet c’est elle et puis c’est finalement nous, lecteur, lectrice.

• Le jeu antagonique se poursuit via d’autres sujets

  •    Vieillesse / jeunesse

La coexistence de ces thèmes apparaît dans l’affront de la servante âgée face à Griet, dans l’affront de l’épouse de Vermeer face à la protagoniste, dans l’affront du peintre face à son jeune modèle…

  •  Finesse / grossièreté

La jeune servante est jalousée par la domestique âgée. La femme de Vermeer envie Griet. Le mécène harcèle notre héroïne…

  •  Richesse / pauvreté

Malgré tout le talent du peintre, l’autorité du mécène prédomine. Griet, intelligente et sensible, reste prisonnière de sa pauvreté.

  •  Catholicisme / protestantisme

Griet quitte sa famille protestante, austère, pour se confronter à la famille de Vermeer, bourgeoise, catholique.

  •   Bleu / jaune

Ces couleurs qui s’additionnent ou se soustraient sont un fil ténu dans le roman : depuis le carreau de faïence du bleu de Delft, héritage du père, à la lumière jaune du ciel, évocatrice d’un futur possible. Ces deux couleurs se lient pour s’unir finalement dans le turban du portrait de La Jeune Fille à la perle.

Pourquoi lire La Jeune Fille à la perle ?

La dualité est un thème majeur de la littérature.
Elle est ici tour à tour hermétique ou au contraire ouverte à un champ des possibles.

Un jeu de miroirs s’instaure comme dans les scènes d’intérieur de Vermeer. On ouvre une porte qui ouvre une autre porte et ainsi de suite. Du suspens s’en dégage.

Ce roman permet finalement d’ouvrir en grand la fenêtre de notre imagination. Nous pouvons créer notre propre tableau dans celui dépeint avec beaucoup de sensualité et de mystère par l’auteure.

Vous aimez la littérature, l’histoire, la peinture : vous allez adorer La Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier !

Isabelle Renaud

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