Pilote de drone : un métier d’avenir ?

Qui n’a jamais entendu ce bourdonnement sourd, si caractéristique des drones en survol ? Véritables bijoux de technologie, ces aéronefs non habités, commandés à distance, ont vu le jour il y a plus d’un siècle. Le premier engin volant sans équipage a en effet pris son envol durant la Première Guerre mondiale. Qu’ils soient passionnés ou débutants, les amateurs de drones se multiplient, tout comme leurs perspectives d’avenir. Il y a quelques années, personne n’aurait imaginé faire de cette passion un métier… Pourtant, il existe de nouvelles opportunités pour les télépilotes, dans des domaines d’activité aussi variés que le BTP, le cinéma, l’agriculture, ou encore l’audiovisuel. En effet, la miniaturisation des éléments structurels des drones, dans les années 2000, a ouvert leur utilisation à un large public. Que vous soyez droniste féru de technologie ou simple curieux, vous serez peut-être surpris d’apprendre que piloter un drone est à la portée de tous. Il est désormais possible de se former pour devenir télépilote professionnel, dans l’armée ou le civil, et les débouchés sont nombreux. Le métier de pilote de drone pourrait-il avoir un bel avenir devant lui ? Découvrez-le sans plus attendre !

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Le drone, une technologie de pointe

• Les principaux composants du drone

Les drones sont constitués de différentes parties, leur permettant de décoller et d’être guidés à distance par leur pilote.

Le châssis, c’est la base !

Le squelette du drone, également appelé châssis, représente la base de l’appareil. Il peut prendre différentes formes, et se compose de matériaux aussi variés que le plastique, le bois, l’aluminium, ou encore la fibre de carbone. Le choix des composants conditionne le prix d’achat, ainsi que l’utilisation finale de l’engin. Le bois est plus onéreux et fragile, tandis que les fibres de carbone allègent considérablement le drone. Les châssis possèdent une apparence variable, sachant que le nombre de bras – simples ou doubles – peut osciller entre 3, 4, 6 ou 8. Vous l’aurez compris, le châssis représente la base du drone.

Le système de propulsion : 3, 2, 1 décollez !

Sans propulsion, pas de décollage ! C’est justement ce qui caractérise la technologie d’un engin volant : sa capacité à s’élever dans les airs. Les drones sont donc équipés d’un système de propulsion, composée de plusieurs pièces :

  • Les moteurs, également appelés rotors, permettent de soulever des charges plus ou moins lourdes, et conditionnent également l’autonomie de vol.
  • Les hélices, au nombre de quatre pour la plupart des drones, sont à l’origine de la production de la poussée. Plus elles sont nombreuses, meilleures sont les performances en vol (précision, stabilisation, atterrissage, etc.).
  • Les contrôleurs de vitesse électronique – ou ESC pour Electronic Speed Controller – sont de petits éléments électroniques destinés à maîtriser la vitesse des moteurs.
  • La batterie, indispensable pour fournir l’énergie à tous les composants électriques, doit être choisie avec soin, en vue d’être compatible avec les moteurs.
Le quadrirotor, 4 moteurs - Le blog du hérisson
Le quadrirotor : un drone à 4 moteurs

Le contrôleur de vol, l’invisible lien entre le pilote et son drone

Un appareil volant téléguidé doit nécessairement être équipé d’un contrôleur de vol, pour que le pilote aux manœuvres puisse le commander à distance. Doté d’un microprocesseur ainsi que de capteurs, ce composant permet d’établir le lien invisible entre un droniste et son appareil. Le télépilote devra se munir d’une radiocommande d’aéromodélisme, ainsi que d’un logiciel, pour configurer l’appareil et réaliser les actions voulues. Les figures réalisées par un drone sont impressionnantes : rotation, élévation, tangage ou encore mouvements latéraux, rien n’est impossible pour un pilote averti !

💡 À savoir : chaque élément d’un drone peut être acheté séparément, que ce soit pour remplacer une pièce défaillante, ou changer l’apparence d’un aérodyne.

• Les différents types de drones

Les drones de loisir

Que vous soyez droniste débutant ou confirmé, vous trouverez sans difficulté un drone adapté à votre niveau de pratique et à vos compétences de pilotage. En effet, un grand nombre de drones de loisir ont vu le jour et permettent de s’initier :

  • Le mini-drone permet de s’initier au pilotage, sa petite taille conférant au télépilote une simplicité d’utilisation. Les risques de faire s’écraser un drone ou de heurter un obstacle sont plus fréquents chez les débutants. De ce fait, les appareils sont généralement plus résistants, faciles à manœuvrer et leur prix d’achat est abordable.
  • Le drone équipé d’une caméra – intégrée ou embarquée (c’est-à-dire amovible) – est particulièrement apprécié des pilotes souhaitant réaliser des montages vidéo. Veillez à bien choisir votre caméra, si vous souhaitez obtenir un joli rendu. Les adeptes du « follow-me » (drone suiveur) ou du « dronie » (selfie réalisé par un drone), devront se munir d’une nacelle stabilisatrice, pour obtenir des images de qualité.
  • Le drone de course, ou racer, est destiné aux amateurs de sensations fortes. Façonnés pour la vitesse, ces engins peuvent être complexes à prendre en main, et nécessitent de l’entraînement. Ils se pilotent de différentes manières selon le niveau de pratique. Le pilotage en vue directe est simple, mais réduit considérablement le périmètre de vol. Les racers peuvent aussi être contrôlés via un écran intégré sur une radiocommande, un smartphone ou une tablette. Cependant, le FPV (First Person View) racing demeure le plus impressionnant des systèmes de pilotage, puisqu’il consiste en une course en totale immersion. Vous devrez vous acquitter d’un casque de réalité virtuelle, pour bénéficier de la meilleure expérience possible.
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Le drone peut être contrôlé par un smartphone

Les drones professionnels

Vous le verrez plus loin dans l’article, les drones professionnels sont utilisés dans de très nombreux secteurs, civils ou militaires. Ils sont destinés à effectuer tout type de mission, dans l’air, sur terre et même dans l’eau !

  • Le drone aérien est le plus connu de tous. Souvent doté d’une grande autonomie, il peut parcourir de longues distances, mais est également recherché pour sa capacité d’emport. Celle-ci représente la charge maximale que l’engin peut transporter en vol. Ces drones sont très largement utilisés en photogrammétrie (réalisation 3D du relief), ainsi que lors d’interventions militaires (inspections aériennes, drones de combat, etc.).
  • Le drone sous-marin est mobilisé pour les opérations nécessitant une immersion. De l’inspection d’infrastructures ou de ressources sous-marines, à l’examen de coques de bateaux, en passant par la cartographie des fonds marins, les possibilités sont multiples.
  • Le drone terrestre, utilisé dans le secteur militaire et civil, ressemble à un robot et a déjà fait ses preuves lors de missions spatiales. Également appelés Unmanned Ground Vehicule (véhicules terrestres sans pilote), ces appareils sont pourvus d’un système de locomotion leur permettant de circuler en terrain accidenté. Ils peuvent servir pour la cartographie, le déminage, le transport de matériel, mais aussi pour assister les agriculteurs.

De par leur grande diversité, les drones s’illustrent dans de nombreux domaines, jusqu’à devenir indispensables à la réalisation de certaines missions.

Le pilotage des drones, un métier d’avenir

À l’avenir, les drones occuperont probablement une place de taille dans notre quotidien. De grandes enseignes envisagent même de les utiliser pour livrer les colis de leurs clients (Amazon, pour n’en citer qu’un). De nombreux dronistes passionnés envisagent de se reconvertir pour devenir télépilotes. Rien n’est impossible à qui s’en donne les moyens ! D’autant plus que des formations diplômantes existent. Elles sont d’ailleurs indispensables aux futurs pilotes depuis 2018, date à laquelle la réglementation autour des drones s’est renforcée.

• Apprendre à piloter un drone dans le civil

Les drones professionnels sont encadrés par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), notamment pour des raisons de sécurité. L’usage d’engins volants doit respecter de nombreux prérequis, souvent méconnus du grand public. S’il souhaite en faire son métier, le futur pilote devra obtenir deux examens indispensables, un brevet théorique et une formation pratique.

La théorie : le savoir, c’est le pouvoir

Le Certificat d’Aptitude Théorique des Télépilotes est une formation de théorie, à laquelle le candidat doit obtenir au minimum 75 % de bonnes réponses. Elle consiste en une épreuve écrite d’1h30, sous forme de QCM (Questions à Choix Multiples), celle-ci se déroulant dans un centre de la DGAC. L’inscription au brevet théorique vous coûtera 30 €, un tarif abordable, même pour les pilotes en herbe, et l’examen est gratuit pour les demandeurs d’emploi. Il est tout à fait possible de se former par soi-même, sans débourser plus que le coût du certificat théorique. Vous devrez cependant maîtriser l’ensemble des thèmes abordés par le programme :

  • connaissance générale des aéronefs et aéronefs télépilotés ;
  • réglementation aérienne générale et spécifique du drone ;
  • principe de vol ;
  • météorologie ;
  • communications ;
  • facteur humain ;
  • navigation et radionavigation ;
  • élaboration et suivi du vol.

Une fois l’épreuve validée, le certificat vous sera adressé sous 4 semaines.

La formation pratique : l’art de piloter un drone

Pour réaliser l’attestation d’aptitude aux fonctions de télépilote, vous serez encadré par un instructeur, celle-ci étant ouverte à tous, sans prérequis. Certains organismes proposent des certifications Qualiopi reconnues par la DGAC, éligibles au Compte Personnel de Formation (CPF). En fonction des centres de formation agréés, la durée des cours pratiques varie de 5 à 20 jours.

Avec l’aide de votre instructeur, vous étudierez de nombreuses thématiques :

  • Pilotage d’un drone civil.
  • Démarches réglementaires et déclarations obligatoires liées au vol d’un drone.
  • Spécificités du survol en agglomération, en zone « sensible », dangereuse, interdite ou réglementée ;
  • Vérification des réglages pour les prises de vues aériennes et entretien du matériel utilisé.
  • Contrôle des éléments aéronautiques de la zone de survol et de la faisabilité de la mission, en lien avec la réglementation et le drone utilisé (caractéristiques, charge utile, etc.).
  • Respect des procédures liées à la sécurité et à la maîtrise des risques environnementaux, techniques et humains. Réalisation de compte-rendus d’événements (fiche REX).
  • Maîtrise des procédures d’urgence liées à une panne matérielle, ou à l’irruption d’individus dans la zone de survol.

Selon le type de formation suivie et les modules de cours sélectionnés, le tarif de base peut fluctuer. Si la plupart des centres proposent un prix entre 600 et 1 800 €, celui-ci peut atteindre 4 000 € pour les formations les plus complètes. Il est donc essentiel de bien se renseigner avant de faire son choix.

Une fois la certification théorique et la formation pratique obtenues, le drone n’aura plus de secret pour vous !

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Drone caméra en prise de vue aérienne

• Apprendre à piloter un drone dans l’armée

La formation permettant de devenir télépilote dans l’armée est différente de celle du secteur civil. L’armée de terre et l’armée de l’air recrutent à partir du baccalauréat, après le passage de quelques tests de sélection (dont certains tests médicaux). La signature contractuelle d’un engagement est indispensable, si vous souhaitez suivre un cursus militaire.

Pilote de drone dans l’armée de Terre

L’instruction est complète et comprend une formation générale initiale, puis une seconde, spécifique au pilotage de drone (théorie et pratique). La durée totale de la formation est de 2 à 3 ans. La formation générale initiale est rémunérée et s’étale sur 8 mois, au sein de l’ENSOA (École Nationale des Sous-Officiers d’Active) de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Les élèves peuvent ensuite se spécialiser dans le télépilotage pendant 4,5 à 6 mois. Cette spécialisation se déroule au sein du 61e régiment d’artillerie à Chaumont (Haute-Marne) et de l’EALAT (École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre) à Dax (Landes).

Pilote de drone dans l’armée de l’Air et de l’Espace

Plusieurs formations se succèdent dans l’armée de l’Air et de l’Espace. Une formation militaire initiale (FMI), la formation militaire de perfectionnement de l’officier (FMGO), la formation en anglais et la formation aéronautique théorique se succèdent. Ces cursus se déroulent à l’École de l’air de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Une formation spécialisée pour devenir pilote à distance sera ensuite nécessaire, suivie d’une phase de transformation opérationnelle de 6 mois à Cognac (Charente). La certification opérationnelle vous sera décernée au bout d’un an.

Pilote de drone dans la Marine nationale

Ouverte depuis 2019, l’école de télépilotes de drones de la Marine nationale se situe sur la base aéronavale de Lann-Bihoué (Morbihan). Pendant 2 semaines, les marins suivent une formation théorique et pratique très intense, avant de se perfectionner au sein d’unités spécialisées. Technique, sécurité aérienne, circulation et réglementation spécifiques aux drones militaires, connaissance des risques et anticipation des événements météorologiques : tout doit être maîtrisé.

❌ Pour devenir télépilote militaire, la formation est accessible sous certaines conditions (limite d’âge notamment).

• Devenir télépilote professionnel : les débouchés

De nombreux secteurs civils nécessitent l’usage d’un drone, preuve que les débouchés existent :

  • L’audiovisuel et les médias : tournages dans l’industrie du cinéma et du journalisme, reportages sportifs, animaliers, documentaires géographiques ou touristiques, etc. Certains professionnels (vidéastes, photographes, réalisateurs) se munissent d’un drone pour effectuer leurs prestations.
  • Le bâtiment : inspection des infrastructures, surveillance des chantiers, vérification des toitures ou de tout autre élément difficile d’accès. La réalisation de bilan thermique ou de modélisation 3D est également possible.
  • L’agriculture et l’écologie : suivi des cultures, ajustement des semences et surveillance des forêts (départ d’incendie, invasion de nuisibles, données épidémiologiques, etc.).
  • La sécurité : protection aérienne en marge d’événements sportifs, de manifestations, de rassemblements, de lieux protégés…
  • La topographie : étude du relief d’une zone géographique donnée, photogrammétrie aérienne.
  • L’ingénierie : conception de nouveaux modèles de drones, gestion du traitement des images, amélioration continue des machines.

Un pilote de drone professionnel doit posséder de nombreuses aptitudes : communication, autonomie, adaptabilité, flegme, rigueur, organisation et surtout, un excellent sens de l’orientation ! Bien que le métier de télépilote soit plutôt solitaire, celui-ci peut parfois faire appel à une équipe pour lui venir en aide sur le terrain.

Dans le secteur militaire, les drones ont déjà fait leurs preuves depuis quelques années, et leur rôle tend à s’intensifier. Selon les drones utilisés, les missions sont variées : drones de reconnaissance ou de renseignement, lutte antimines, participation à la défense avec les forces armées… Le champ d’action des drones s’étend, et vient peu à peu remplacer certains équipements, trop onéreux, ou nécessitant une présence humaine. Des postes sont d’ailleurs à pourvoir sur le site du ministère des armées.

💸 Le salaire mensuel moyen d’un télépilote débutant est de 2 500 € brut dans le civil, tandis qu’un sous-officier gagne 1 384 € nets par mois, dès son affectation. La rémunération d’un sous-officier en opération extérieure (OPEX) peut être multipliée par 2,5.

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Chaque année, des organismes privés ou publics font appel aux télépilotes. Le savoir-faire de ces pilotes est particulièrement recherché, tout comme la multitude de possibilités offertes par leurs drones. Les entreprises ont recours aux dronistes – freelances ou salariés – dans un grand nombre de domaines, et les opportunités sont nombreuses. Le métier de pilote de drone est donc bel et bien une profession d’avenir !

Cécile Gardino


Cet article est dédié à Quentin, mon neveu adoré, qui deviendra, sans aucun doute, un télépilote talentueux et passionné.

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