Qu’est-ce que l’adénomyose ?

« Symptômes évocateurs d’une adénomyose » : voilà ce que vous venez de lire sur le compte-rendu de votre échographie. Ce nom barbare vous laisse perplexe, car vous ignorez ce que signifie « adénomyose ». Pourtant, plus de 10 % des femmes sont concernées par cette maladie de l’utérus, souvent bénigne, parfois invalidante. Qu’est-ce que l’adénomyose? Définition, symptômes, traitements, lien avec l’infertilité : on vous dit l’essentiel sur cette pathologie utérine.

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Définition de l’adénomyose : comprendre ce qu’est cette pathologie

• Une maladie de l’utérus

L’adénomyose se caractérise par la présence de cellules de la muqueuse utérine (l’endomètre) à l’intérieur du muscle utérin (le myomètre). On l’appelle aussi endométriose interne. Cette affection entraîne en général un épaississement du myomètre et une augmentation du volume de l’utérus. Elle est la plupart du temps bénigne et souvent asymptomatique.

• Les différents types d’adénomyose

Lendométriose interne peut se présenter sous différentes formes :

  • L’adénomyose diffuse : une grande partie de l’utérus est touchée ;
  • L’adénomyose focale : on retrouve plusieurs foyers de forme kystique bien délimités ;
  • Ladénomyose superficielle : l’atteinte se limite aux premières couches du myomètre ;
  • L’adénomyose profonde : la pathologie s’étend jusqu’aux couches profondes du muscle utérin.

• Différences entre endométriose et adénomyose

L’endométriose est plus connue que l’adénomyose. Pourtant, les deux maladies non seulement se ressemblent, mais sont parfois liées.
La première consiste en un développement des cellules de l’endomètre à l’extérieur de l’utérus, tandis que la seconde concerne l’intérieur de la cavité utérine. Il s’agit pour les deux affections de lésions ectopiques, c’est-à-dire dues à la présence de cellules endométriales en dehors de l’endomètre. On remarque que dans 6 à 20 % des cas, les femmes souffrent à la fois d’endométriose et d’adénomyose, mais il n’y a pas de généralité.

Symptômes, facteurs de risque et diagnostic : savoir si vous êtes concernée par cette endométriose interne

• Les principaux symptômes de l’adénomyose

  • Ménorragies : des règles anormalement longues et douloureuses, car l’inflammation du muscle utérin augmente la quantité de sang perdue ;
  • Métrorragies : des saignements en dehors des périodes de menstrues, qui correspondent à des microhémorragies dues à l’élimination des du sang contenu dans les kystes ;
  • Dyspareunies : douleurs pelviennes dans des situations qui augmentent la pression abdominale et compriment l’utérus, comme les rapports sexuels ou le sport, mais aussi en dehors de ces circonstances ;
  • Des problèmes de fertilité : ils peuvent être en relation avec l’adénomyose, même si ce n’est pas toujours le cas.

• Les facteurs de risque favorisant l’apparition de la maladie

Bien que les médecins peinent à déterminer les causes exactes de l’apparition de l’adénomyose, ils ont pu mettre en évidence des facteurs favorisant cette altération utérine.
Ainsi, les femmes entre 35 et 50 ans sont particulièrement concernées, avec plus d’une personne sur deux atteinte entre 40 et 50 ans. L’affection augmenterait avec le vieillissement de l’utérus.
Le fait d’avoir eu plusieurs enfants aurait également une incidence. En effet, les patientes multipares ont plus de chance d’être touchées que les primipares ou les nullipares.
Cette anomalie utérine est souvent associée à d’autres pathologies (lésions de la vessie, du rectum, utérines et extra-utérines) et apparaît davantage chez des femmes ayant subi une chirurgie de l’utérus.
La maladie est plus rare chez les jeunes femmes, mais elle existe.

• Les examens de diagnostic

Le premier examen à effectuer pour savoir si vous êtes atteinte d’endométriose interne est l’échographie pelvienne par voie endovaginale et abdominale. L’échographie permet de diagnostiquer l’endométriose comme l’adénomyose.
L’IRM pelvienne (image par résonance magnétique) sera très utile pour obtenir une étude topographique détaillée des lésions avec leur profondeur d’infiltration, mais aussi pour détecter d’éventuelles pathologies associées.

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Les traitements contre l’adénomyose

• Arrêter les saignements et soulager les douleurs

Les traitements médicamenteux et/ou chirurgicaux ont pour but d’atténuer les symptômes. En bloquant l’ovulation et donc en empêchant la survenue des menstrues, ils entraînent l’atrophie de l’endomètre et la diminution des microhémorragies.

Chez les femmes ayant un désir d’enfant

Les antihémorragiques et les traitements progestatifs in utero peuvent être envisagés chez les femmes souhaitant procréer et ayant une adénomyose diffuse.
Pour celles souffrant d’une forme focale, la résection ciblée par chirurgie conservatrice est une option.

Chez les femmes n’ayant pas de projet de grossesse

Les contraceptifs offrent des possibilités intéressantes.
Prendre une pilule en continu permet de supprimer les règles et d’atrophier l’endomètre.
Le DIU (dispositif intra-utérin, autrement dit le stérilet) hormonal a pour mission de déposer les hormones directement sur l’utérus. Cette solution ne fonctionne pas dans le cas de l’endométriose externe, vu que ce sont les ovaires qui dysfonctionnent et non l’utérus.

La ménopause artificielle est un traitement de courte durée que l’on associe à une faible dose d’œstrogènes afin de réduire les effets secondaires. Elle comporte de graves risques d’ostéoporose irréversible et ne peut être envisagée qu’à très court terme, quel que soit le profil de la patiente.

• Soigner naturellement l’adénomyose

L’adénomyose s’accompagne souvent du syndrome du côlon irritable. Ainsi, une bonne hygiène de vie et une bonne alimentation peuvent aider à diminuer les symptômes. Certains légumes de la famille des crucifères comme les choux et les brocolis ont la propriété d’agir sur les hormones féminines. Sachant que cette pathologie utérine est liée au taux d’œstrogènes, consommer des crucifères peut s’avérer un bon moyen d’améliorer le confort des femmes de manière naturelle.

• Savoir quand il faut se faire opérer

Les interventions chirurgicales ne sont souhaitables qu’en dernier recours et de préférence lorsque la patiente ne souhaite plus avoir d’enfants.
L’endométrectomie consiste en une destruction de l’endomètre par une technique de radiologie interventionnelle. Les artères utérines sont embolisées par des ultrasons focalisés.
La chirurgie conservatrice, elle, repose sur l’exérèse de l’endomètre contaminé tout en conservant l’utérus afin de permettre une future grossesse.
Quand cela ne suffit plus, la dernière solution est l’hystérectomie, c’est-à-dire l’ablation pure et simple de l’utérus. Cette décision est irrémédiable puisque la patiente ne pourra plus enfanter à la suite de cette chirurgie.

Conséquences possibles de la maladie

• Comprendre le lien entre adénomyose et infertilité

Beaucoup de femmes ignorent qu’elles souffrent d’adénomyose. Elles sont asymptomatiques et n’ont aucun problème de fertilité.
En revanche, dans le cas d’une atteinte très importante, la maladie peut gêner, voire empêcher la nidation de l’œuf dans l’utérus. Elle peut favoriser l’avènement de fausses couches et compromettre un protocole de PMA. Heureusement, des traitements médicamenteux analogues à la GnRH (hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires) peuvent augmenter les chances de réussite et surtout la FIV reste un excellent moyen de parvenir à donner naissance à un enfant malgré les obstacles.

• Adénomyose et cancer de l’endomètre

Le cancer de l’endomètre est un des cancers gynécologiques les plus fréquents après celui du sein. Même s’il se soigne plutôt bien, il est primordial d’effectuer des examens réguliers afin de le détecter le plus tôt possible. Il survient en général chez des sujets ménopausées. Des études ont montré que l’obésité, comme pour beaucoup de pathologies, était un facteur de risque. Les symptômes, les métrorragies et les douleurs peuvent ressembler à ceux de l’adénomyose, même s’ils surviennent en principe dans des tranches d’âge différentes. Cancer et adénomyose provoquent tous deux des lésions de l’endomètre, mais un prélèvement permettra d’écarter toute suspicion de cancer.

Qu’est-ce que l’adénomyose ? Ce qu’il faut retenir

Ce trouble concerne en majorité les femmes entre 35 et 50 ans, multipares et ayant subi une chirurgie utérine. Les symptômes peuvent ressembler à ceux de l’endométriose (douleurs, saignements), mais cette pathologie concerne uniquement l’utérus. Cette maladie ne se soigne pas, mais il existe des traitements médicamenteux et chirurgicaux pour réduire significativement les symptômes. La plupart du temps, l’adénomyose est bénigne et asymptomatique. Inutile donc de s’affoler à l’énoncé du diagnostic. Si, toutefois, l’affection s’étend et devient cause d’infertilité, la FIV reste possible. Afin d’écarter tout risque de cancer utérin ou gynécologique autre, une visite chez le gynécologue est indispensable au moins une fois par an.

Émilie Belafkih

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