L’eau, une ressource en danger

Inutile de présenter à quel point l’eau est une ressource fondamentale, en France et partout sur la planète, pour les 7,9 milliards d’habitants du monde et toutes les espèces animales et végétales. Essentielle dans un nombre important de domaines (boire, se laver, arroser et irriguer les cultures…), elle est tout simplement indispensable à toute forme de vie. Pourtant, encore en 2022, 782 millions de personnes n’ont toujours pas accès à un point d’eau potable, preuve qu’aujourd’hui, dans le monde comme en France, l’eau est une ressource en danger.

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Etat des lieux de la situation en eau en France

• Des sécheresses et des canicules de plus en plus régulières

Certains voient encore l’eau comme une ressource « illimitée », conséquence directe du mode de vie globalement aisé des sociétés occidentales. En effet, cela a l’air si simple d’y avoir accès, en France, dans nos maisons modernes et confortables ! Ouvrons un robinet dans la cuisine, la/les salle/s de bain, le garage, sur le terrain, et l’eau jaillit directement, si facilement ! Et pourtant… pourtant, beaucoup le savent déjà, cette ressource est loin d’être renouvelable. Face à ce problème de manque d’eau qui touche certains pays du monde depuis déjà plusieurs années et qui arrive dorénavant également en Europe et en France, ce constat est indubitable : si nous voulons conserver assez de cette ressource vitale pour notre vie et celles des générations futures, nos habitudes de consommation en eau doivent également évoluer.

Car le dérèglement et le réchauffement climatique, que certains dans le monde nient encore, ne sauraient mentir. Depuis le début des années 2000, les sécheresses sont devenues beaucoup plus régulières qu’avant sur notre territoire national, preuves de la hausse significative des températures à la surface du globe : canicule de 2003 avec un état de calamité agricole prononcé pour près de 80 départements, sécheresse en 2005 avec des restrictions en eau pour environ 70 départements, puis de nouveau en 2011 mais, cette fois-ci, dès le mois d’avril, pour le printemps alors le plus sec depuis 50 ans. En 2018, la sécheresse est cette fois tardive et frappe une soixantaine de départements à l’automne, avant que la canicule ne ravage encore la France en 2019 et en 2020, pour le mois de juillet le plus aride depuis 1959, une situation touchant les deux tiers du pays. Cette année, nous ne sommes pas encore à l’été 2022 que, déjà, pareille situation se reproduit sur notre territoire, obligeant 23 départements à mettre en place des restrictions en eau. C’est le cas, par exemple, de l’Ain, de la Charente-Maritime, des Bouches-du-Rhône ou encore du Vaucluse. Dans ce dernier département, le déficit pluviométrique atteint même 70 % depuis le début de l’année et les restrictions en eau ont été décidées dès le 22 avril.

On l’observe donc aisément : les épisodes de sécheresse et de canicule ne font que s’accélérer et devenir de plus en plus réguliers, revenant quasiment chaque année alors qu’auparavant, ils demeuraient plus rares. Cette évolution inquiétante a un impact direct sur le niveau bien trop faible des nappes phréatiques et touche évidemment en premier lieu l’activité agricole. En effet, dans l’Ain, les restrictions en eau empêchent les agriculteurs à irriguer leurs champs de 9 heures du matin à 21 heures, obligation qui se répète donc depuis plusieurs années et qui pèse sur les conditions de travail d’une profession déjà extrêmement difficile. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le plus important syndicat de la profession agricole, s’est d’ailleurs récemment montrée très alarmiste en indiquant, selon elle, que la France connaît son plus gros « déficit hydrique » depuis 25 ans, les cultures souffrant le plus du manque d’eau sont celles de céréales, de blés et d’orge. Ces conditions particulièrement délicates vont, de ce fait, sans doute avoir une réelle incidence sur l’importance de la production, le revenu des agriculteurs mais aussi le porte-monnaie des consommateurs. C’est bien connu, ce qui est rare est cher et c’est souvent le consommateur moyen qui trinque à la fin.

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• Face à l’urgence climatique

L’hydrologue Emma Haziza réalise un constat implacable, indiquant que ces problèmes liés à la raréfaction en eau n’affectent pas que l’agriculture et nos ressources alimentaires, mais aussi de nombreux autres domaines tels que l’énergie. En effet, les centrales nucléaires ont un important besoin en eau pour refroidir les réacteurs. L’eau est également essentielle pour aller chercher du pétrole et du gaz, sans parler des barrages hydroélectriques. C’est simple, en France, jusqu’à 70 % de notre consommation en eau sert au refroidissement dans le processus de production d’énergie. Et le pire, c’est que ces sécheresses ne touchent évidemment pas que notre pays, mais l’ensemble de la planète, par exemple le Maroc, le Portugal, la Tunisie ou la Chine, le Canada et le Brésil l’année dernière. Qu’en sera-t-il lorsque, manquant de nourriture et d’énergie, il sera nécessaire d’en importer, mais que tous les pays du monde seront également dans cette obligation ? Finalement, Emma Haziza résume la situation en tirant la sonnette d’alarme :

Je crois qu’on n’a pas compris ce qui arrive devant nous avec ces évolutions de température.

C’est incontestable, l’urgence climatique est là, et nous devons tous, collectivement, nous adapter à elle et faire évoluer nos comportements et notre consommation.

Comment, à notre niveau de consommateur, œuvrer pour préserver l’eau ?

• Des efforts à réaliser à chaque niveau de la société

C’est une certitude, le consommateur, seul, ne peut avoir un impact positif sur la préservation de cette ressource, ô combien essentielle, qu’est l’eau. Cette évolution doit être menée à tous les niveaux de la société, des hautes sphères politiques du pouvoir en passant par les grandes entreprises multinationales. On ne peut d’ailleurs que regretter la politique écologique au bilan très contrasté du Président Emmanuel Macron depuis 2017 ainsi que le fait que le sujet de l’urgence climatique et de la préservation de nos ressources, pourtant majeur, n’ait pas vraiment été l’un des principaux thèmes de la dernière campagne présidentielle. Et ce, malgré la publication du dernier rapport très alarmant du GIEC qui n’a eu qu’un écho assez limité. A l’heure où l’on demande aux Français et aux habitants du monde de faire toujours plus d’efforts dans toujours davantage de domaines et avec toujours moins de moyens, il semble honnête et légitime de désirer que les plus puissants de la planète, dirigeants politiques et de FTN en premier lieu, fassent également leur part de ces efforts et ne se contentent pas de promesses et de paroles creuses.

• Comment agir au quotidien pour préserver l’eau ?

Reste que, au jour le jour et à notre niveau, si l’action devient collective, nous pouvons réellement agir sur la préservation de l’eau. En France, en moyenne, chaque personne utilise 143 litres d’eau par jour et les robinets déversent jusqu’à 12 litres d’eau par minute. C’est évidemment énorme ! Couper l’eau du robinet ou du pommeau lorsqu’on se lave les dents ou que l’on se savonne pendant sa toilette, ce sont donc des mesures essentielles et très faciles à mettre en place individuellement. En ce sens, il est conseillé de privilégier la douche au bain, car la consommation en eau est alors bien différente (80 litres contre 150 en moyenne). Il est aussi primordial de vérifier régulièrement l’état de vos robinets, car un robinet qui fuit dépense jusqu’à 120 litres par jour.

Il est important de savoir que plus d’un tiers de la consommation domestique d’eau potable est destinée aux toilettes. Installer une chasse d’eau à double commande est donc une solution pour faire des économies, car elle ne consomme que 3 à 6 litres à chaque remplissage contre 6 à 12 pour une chasse d’eau classique.

Au niveau de la cuisine, les bons gestes à adopter sont également nombreux et nécessaires. En effet, 15 % de l’utilisation domestique de l’eau se déroule dans cette pièce. Pour laver les légumes, il est efficace d’utiliser un saladier ou un seau afin de conserver l’eau qui pourra être réutilisée ensuite, par exemple dans le jardin. La cuisson à la vapeur, lorsque c’est possible, est aussi beaucoup plus économique en eau que de faire bouillir les légumes. L’utilisation d’un lave-vaisselle est aussi recommandée car il utilise 85 % d’eau en moins qu’une vaisselle faite à la main. On peut également économiser beaucoup de litres supplémentaires si on arrête de pré-rincer la vaisselle sale avant de la mettre au lave-vaisselle, ce qui est en plus bien souvent inutile. Enfin, l’utilisation d’un saladier ou d’un seau peut aussi être très pratique si l’eau chaude a du mal à arriver, afin de ne pas en perdre bêtement le temps qu’elle chauffe !

Sur le terrain des habitations, les récupérateurs d’eau de pluie sont de plus en plus nombreux et permettent d’avoir une réserve naturelle pour votre usage domestique : arroser le jardin, laver les véhicules, donner à boire aux animaux de compagnie… L’arrosage du jardin doit évidemment se faire de manière économique, en privilégiant de le réaliser lorsque les températures sont plus fraîches, le soir, et en optant par exemple pour un arrosage programmé. Réaliser un paillage entre les plants de légumes du jardin, avec la tonte de la pelouse par exemple, permet aussi de garder l’humidité au sol et ainsi de faire des économies d’eau ! Vous aimez jardiner ? On vous donne d’autres conseils pour utiliser le calendrier lunaire.

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Autant de conseils et de gestes qui permettent d’influer sur notre ressource en eau et qui font de nous des éco-citoyens engagés en faveur du développement durable, sans compter qu’il ne s’agit pas de la seule ressource en danger. Et si on s’y mettait tous ?

Johann Sonneck

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